Produced by Carlo Traverso, Christine P. Travers and the Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was produced from images generously made available by the Bibliothque nationale de France (BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr) [Note au lecteur de ce fichier digital: Seules les erreurs clairement introduites par le typographe ont t corriges. Ce fichier est un extrait du recueil du journal "Le Tour du monde: Journal des voyages et des voyageurs" (2e semestre 1905). Les articles ont t regroups dans des fichiers correspondant aux diffrentes zones gographiques, ce fichier contient les articles sur la Hollande. Chaque fichier contient l'index complet du recueil dont ces articles sont originaires. La liste des illustrations tant trs longue, elle a t dplace et place en fin de fichier.] LE TOUR DU MONDE PARIS IMPRIMERIE FERNAND SCHMIDT 20, rue du Dragon, 20 NOUVELLE SRIE--11e ANNE 2e SEMESTRE LE TOUR DU MONDE JOURNAL DES VOYAGES ET DES VOYAGEURS Le Tour du Monde a t fond par douard Charton en 1860 PARIS LIBRAIRIE DE HACHETTE ET Cie 79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79 LONDRES, 18, KING WILLIAM STREET, STRAND 1905 Droits de traduction et de reproduction rservs. TABLE DES MATIRES L'T AU KACHMIR Par _Mme F. MICHEL_ I. De Paris Srnagar. -- Un guide pratique. -- De Bombay Lahore. -- Premiers prparatifs. -- En _tonga_ de Rawal-Pindi Srnagar. -- Les Kachmiris et les matres du Kachmir. -- Retour la vie nomade. 1 II. La Valle heureuse en _dounga_. -- Bateliers et batelires. -- De Baramoula Srnagar. -- La capitale du Kachmir. -- Un peu d'conomie politique. -- En amont de Srnagar. 13 III. Sous la tente. -- Les petites valles du Sud-Est. -- Histoires de voleurs et contes de fes. -- Les ruines de Martand. -- De Brahmanes en Moullas. 25 IV. Le plerinage d'Amarnth. -- La valle du Lidar. -- Les plerins de l'Inde. -- Vers les cimes. -- La grotte sacre. -- En _dholi_. -- Les Goudjars, pasteurs de buffles. 37 V. Le plerinage de l'Haramouk. -- Alpinisme funbre et hydrothrapie religieuse. -- Les temples de Vangth. -- Frissons d'automne. -- Les adieux Srnagar. 49 SOUVENIRS DE LA COTE D'IVOIRE Par _le docteur LAMY_ _Mdecin-major des troupes coloniales_. I. Voyage dans la brousse. -- En file indienne. -- Motso. -- La route dans un ruisseau. -- Dengura. -- Kodioso. -- Villes et villages abandonns. -- O est donc Betti? -- Arrive Dioubasso. 61 II. Dans le territoire de Mop. -- Coutumes du pays. -- La mort d'un prince hritier. -- L'preuve du poison. -- De Mop Betti. -- Bnie, roi de Betti, et sa capitale. -- Retour Petit-Alp. 73 III. Rapports et rsultats de la mission. -- Valeur conomique de la cte d'Ivoire. -- Richesse de la flore. -- Supriorit de la faune. 85 IV. La fivre jaune Grand-Bassam. -- Deuils nombreux. -- Retour en France. 90 L'LE D'ELBE Par _M. PAUL GRUYER_ I. L'le d'Elbe et le canal de Piombino. -- Deux mots d'histoire. -- Dbarquement Porto-Ferraio. -- Une ville d'opra. -- La teste di Napoleone et le Palais imprial. -- La bannire de l'ancien roi de l'le d'Elbe. -- Offre Napolon III, aprs Sedan. -- La bibliothque de l'Empereur. -- Souvenir de Victor Hugo. Le premier mot du pote. -- Un enterrement aux flambeaux. Cagoules noires et cagoules blanches. Dans la paix des limbes. -- Les diffrentes routes de l'le. 97 II. Le golfe de Procchio et la montagne de Jupiter. -- Soir temptueux et morne tristesse. -- L'ascension du Monte Giove. -- Un village dans les nues. -- L'Ermitage de la Madone et la Sedia di Napoleone. -- Le vieux gardien de l'infini. Bastia, Signor!. Vision sublime. -- La cte orientale de l'le. Capoliveri et Porto-Longone. -- La gorge de Monserrat. -- Rio 1 Marina et le monde du fer. 109 III. Napolon, roi de l'le d'Elbe. -- Installation aux Mulini. -- L'Empereur la gorge de Monserrat. -- San Martino Saint-Cloud. La salle des Pyramides et le plafond aux deux colombes. Le lit de Bertrand. La salle de bain et le miroir de la Vrit. -- L'Empereur transporte ses pnates sur le Monte Giove. -- Elbe perdue pour la France. -- L'ancien Muse de San Martino. Essai de reconstitution par le propritaire actuel. Le lit de Madame Mre. -- O il faut chercher Elbe les vraies reliques impriales. Apollon gardant ses troupeaux. ventail et bijoux de la princesse Pauline. Les clefs de Porto-Ferraio. Autographes. La robe de la signorina Squarci. -- L'glise de l'archiconfrrie du Trs-Saint-Sacrement. La Pieta de l'Empereur. Les broderies de soie des Mulini. -- Le vieil aveugle de Porto-Ferraio. 121 D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE Par _M. VICTOR CHAPOT_ _membre de l'cole franaise d'Athnes._ I. -- Alexandrette et la monte de Belan. -- Antioche et l'Oronte; excursions Daphn et Soueidieh. -- La route d'Alep par le Kasr-el-Benat et Dana. -- Premier aperu d'Alep. 133 II. -- Ma caravane. -- Village d'Yazides. -- Nisib. -- Premire rencontre avec l'Euphrate. -- Biredjik. -- Souvenirs des Htens. -- Excursion Resapha. -- Comment atteindre Ras-el-An? Comment le quitter? -- Enfin Orfa! 145 III. -- Sjour Orfa. -- Samosate. -- Valle accidente de l'Euphrate. -- Roum-Kaleh et Antab. -- Court repos Alep. -- Saint-Symon et l'Alma-Dagh. -- Huit jours trappiste! -- Conclusion pessimiste. 157 LA FRANCE AUX NOUVELLES-HBRIDES Par _M. RAYMOND BEL_ qui les Nouvelles-Hbrides: France, Angleterre ou Australie? Le condominium anglo-franais de 1887. -- L'oeuvre de M. Higginson. -- Situation actuelle des les. -- L'influence anglo-australienne. -- Les ressources des Nouvelles-Hbrides. -- Leur avenir. 169 LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE Par _M. ALBERT THOMAS_ I. -- Moscou. -- Une dception. -- Le Kreml, acropole sacre. -- Les glises, les palais: deux poques. 182 II. -- Moscou, la ville et les faubourgs. -- La bourgeoisie moscovite. -- Changement de paysage; Nijni-Novgorod: le Kreml et la ville. 193 III. -- La foire de Nijni: marchandises et marchands. -- L'oeuvre du commerce. -- Sur la Volga. -- bord du _Sviatoslav_. -- Une visite Kazan. -- La sainte mre Volga. 205 IV. -- De Samara Tomsk. -- La vie du train. -- Les passagers et l'quipage: les soires. -- Dans le steppe: l'effort des hommes. -- Les migrants. 217 V. -- Tomsk. -- La mle des races. -- Anciens et nouveaux fonctionnaires. -- L'Universit de Tomsk. -- Le rle de l'tat dans l'oeuvre de colonisation. 229 VI. -- Heures de retour. -- Dans l'Oural. -- La Grande-Russie. -- Conclusion. 241 LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES Par _M. GERSPACH_ La petite ville de Lugano; ses charmes; son lac. -- Un peu d'histoire et de gographie. -- La cathdrale de Saint-Laurent. -- L'glise Sainte-Marie-des-Anges. -- Lugano, la ville des fresques. -- L'oeuvre du Luini. -- Procds employs pour le transfert des fresques. 253 SHANGHA, LA MTROPOLE CHINOISE Par _M. MILE DESCHAMPS_ I. -- Woo-Sung. -- Au dbarcadre. -- La Concession franaise. -- La Cit chinoise. -- Retour notre concession. -- La police municipale et la prison. -- La cangue et le bambou. -- Les excutions. -- Le corps de volontaires. -- meutes. -- Les conseils municipaux. 265 II. -- L'tablissement des jsuites de Zi-ka-oue. -- Pharmacie chinoise. -- Le camp de Kou-ka-za. -- La fumerie d'opium. -- Le charnier des enfants trouvs. -- Le fournisseur des ombres. -- La concession internationale. -- Jardin chinois. -- Le Bund. -- La pagode de Long-hoa. -- Fou-tchou-road. -- Statistique. 277 L'DUCATION DES NGRES AUX TATS-UNIS Par _M. BARGY_ Le problme de la civilisation des ngres. -- L'Institut Hampton, en Virginie. -- La vie de Booker T. Washington. -- L'cole professionnelle de Tuskegee, en Alabama. -- Conciliateurs et agitateurs. -- Le vote des ngres et la casuistique de la Constitution. 289 TRAVERS LA PERSE ORIENTALE Par _le Major PERCY MOLESWORTH SYKES_ _Consul gnral de S. M. Britannique au Khorassan_. I. -- Arrive Astrabad. -- Ancienne importance de la ville. -- Le pays des Turkomans: travers le steppe et les Collines Noires. -- Le Khorassan. -- Mechhed: sa mosque; son commerce. -- Le dsert de Lout. -- Sur la route de Kirman. 301 II. -- La province de Kirman. -- Gographie: la flore, la faune; l'administration, l'arme. -- Histoire: invasions et dvastations. -- La ville de Kirman, capitale de la province. -- Une saison sur le plateau de Sardou. 313 III. -- En Baloutchistan. -- Le Makran: la cte du golfe Arabique. -- Histoire et gographie du Makran. -- Le Sarhad. 325 IV. -- Dlimitation la frontire perso-baloutche. -- De Kirman la ville-frontire de Kouak. -- La Commission de dlimitation. -- Question de prsance. -- L'oeuvre de la Commission. -- De Kouak Klat. 337 V. -- Le Seistan: son histoire. -- Le delta du Helmand. -- Comparaison du Seistan et de l'gypte. -- Excursions dans le Helmand. -- Retour par Yezd Kirman. 349 AUX RUINES D'ANGKOR Par _M. le Vicomte DE MIRAMON-FARGUES_ De Sagon Pnm-penh et Compong-Chuang. -- la rame sur le Grand-Lac. -- Les charrettes cambodgiennes. -- Siem-Rap. -- Le temple d'Angkor. -- Angkor-Tom -- Dcadence de la civilisation khmer. -- Rencontre du second roi du Cambodge. -- Oudong-la-Superbe, capitale du pre de Norodom. -- Le palais de Norodom Pnm-penh. -- Pourquoi la France ne devrait pas abandonner au Siam le territoire d'Angkor. 361 EN ROUMANIE Par _M. Th. HEBBELYNCK_ I. -- De Budapest Petrozeny. -- Un mot d'histoire. -- La valle du Jiul. -- Les Boyards et les Tziganes. -- Le march de Targu Jiul. -- Le monastre de Tismana. 373 II. -- Le monastre d'Horezu. -- Excursion Bistritza. -- Romnicu et le dfil de la Tour-Rouge. -- De Curtea de Arges Campolung. -- Dfil de Dimboviciora. 385 III. -- Bucarest, aspect de la ville. -- Les mines de sel de Slanic. -- Les sources de ptrole de Doftana. -- Sinaa, promenade dans la fort. -- Busteni et le domaine de la Couronne. 397 CROQUIS HOLLANDAIS Par _M. Lud. GEORGES HAMN_ _Photographies de l'auteur._ I. -- Une ville hollandaise. -- Middelburg. -- Les nuages. -- Les _boerin_. -- La maison. -- L'clusier. -- Le march. -- Le village hollandais. -- Zoutelande. -- Les bons aubergistes. -- Une soire locale. -- Les sabots des petits enfants. -- La kermesse. -- La pit du Hollandais. 410 II. -- Rencontre sur la route. -- Le beau cavalier. -- Un djeuner dcevant. -- Le pre Kick. 421 III. -- La terre hollandaise. -- L'eau. -- Les moulins. -- La culture. -- Les polders. -- Les digues. -- Origine de la Hollande. -- Une nuit Veere. -- Wemeldingen. -- Les cinq jeunes filles. -- Flirt muet. -- Le pochard. -- La vie sur l'eau. 423 IV. -- Le pcheur hollandais. -- Volendam. -- La lessive. -- Les marmots. -- Les canards. -- La pche au hareng. -- Le fils du pcheur. -- Une le singulire: Marken. -- Au milieu des eaux. -- Les maisons. -- Les moeurs. -- Les jeunes filles. -- Perspective. -- La tourbe et les tourbires. -- Produit national. -- Les tourbires hautes et basses. -- Houille locale. 433 ABYDOS dans les temps anciens et dans les temps modernes Par _M. E. AMELINEAU_ Lgende d'Osiris. -- Histoire d'Abydos travers les dynasties, l'poque chrtienne. -- Ses monuments et leur spoliation. -- Ses habitants actuels et leurs moeurs. 445 VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHSE AUX MONTS CLESTES Par _M. JULES BROCHEREL_ I. -- De Tachkent Prjevalsk. -- La ville de Tachkent. -- En tarentass. -- Tchimkent. -- Aouli-Ata. -- Tokmak. -- Les gorges de Bouam. -- Le lac Issik-Koul. -- Prjevalsk. -- Un chef kirghize. 457 II. -- La valle de Tomghent. -- Un aoul kirghize. -- La traverse du col de Tomghent. -- Chevaux alpinistes. -- Une valle dserte. -- Le Kizil-tao. -- Le Saridjass. -- Troupeaux de chevaux. -- La valle de Kachkateur. -- En vue du Khan-Tengri. 469 III. -- Sur le col de Tuz. -- Rencontre d'antilopes. -- La valle d'Inghiltchik. -- Le tchiou mouz. -- Un chef kirghize. -- Les gorges d'Attialo. -- L'aoul d'Oustchiar. -- Arrts par les rochers. 481 IV. -- Vers l'aiguille d'Oustchiar. -- L'aoul de Kaende. -- En vue du Khan-Tengri. -- Le glacier de Kaende. -- Bloqus par la neige. -- Nous songeons au retour. -- Dans la valle de l'Irtach. -- Chez le kaltch. -- Cuisine de Kirghize. -- Fin des travaux topographiques. -- Un enterrement kirghize. 493 V. -- L'heure du retour. -- La valle d'Irtach. -- Nous retrouvons la douane. -- Arrive Prjevalsk. -- La dispersion. 505 VI. -- Les Khirghizes. -- L'origine de la race. -- Kazaks et Khirghizes. -- Le classement des Bourouts. -- Le costume khirghize. -- La yourte. -- Moeurs et coutumes khirghizes. -- Mariages khirghizes. -- Conclusion. 507 L'ARCHIPEL DES FERO Par _Mlle ANNA SEE_ Premire escale: Trangisvaag. -- Thorshavn, capitale de l'Archipel; le port, la ville. -- Un peu d'histoire. -- La vie vgtative des Feroens. -- La pche aux dauphins. -- La pche aux baleines. -- Excursions diverses travers l'Archipel. 517 PONDICHRY chef-lieu de l'Inde franaise Par _M. G. VERSCHUUR_ Accs difficile de Pondichry par mer. -- Ville blanche et ville indienne. -- Le palais du Gouvernement. -- Les htels de nos colonies. -- Enclaves anglaises. -- La population; les enfants. -- Architecture et religion. -- Commerce. -- L'avenir de Pondichry. -- Le march. -- Les coles. -- La fivre de la politique. 529 UNE PEUPLADE MALGACHE LES TANALA DE L'IKONGO Par _M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ_ I. -- Gographie et histoire de l'Ikongo. -- Les Tanala. -- Organisation sociale. Tribu, clan, famille. -- Les lois. 541 II. -- Religion et superstitions. -- Culte des morts. -- Devins et sorciers. -- Le Sikidy. -- La science. -- Astrologie. -- L'criture. -- L'art. -- Le vtement et la parure. -- L'habitation. -- La danse. -- La musique. -- La posie. 553 LA RGION DU BOU HEDMA (sud tunisien) Par _M. Ch. MAUMEN_ Le chemin de fer Sfax-Gafsa. -- Maharess. -- Lella Mazouna. -- La fort de gommiers. -- La source des Trois Palmiers. -- Le Bou Hedma. -- Un groupe mgalithique. -- Renseignements indignes. -- L'oued Hadedj et ses sources chaudes. -- La plaine des Ouled bou Saad et Sidi haoua el oued. -- Bir Saad. -- Manoubia. -- Khrangat Touninn. -- Sakket. -- Sened. -- Ogla Zagoufta. -- La plaine et le village de Mech. -- Sidi Abd el-Aziz. 565 DE TOLDE GRENADE Par _Mme JANE DIEULAFOY_ I. -- L'aspect de la Castille. -- Les troupeaux en _transhumance_. -- La Mesta. -- Le Tage et ses potes. -- La Cuesta del Carmel. -- Le Cristo de la Luz. -- La machine hydraulique de Jualino Turriano. -- Le Zocodover. -- Vieux palais et anciennes synagogues. -- Les Juifs de Tolde. -- Un souvenir de l'inondation du Tage. 577 II. -- Le Taller del Moro et le Salon de la Casa de Mesa. -- Les pupilles de l'vque Siliceo. -- Santo Tom et l'oeuvre du Greco. -- La mosque de Tolde et la reine Constance. -- Juan Guaz, premier architecte de la Cathdrale. -- Ses transformations et adjonctions. -- Souvenirs de las Navas. -- Le tombeau du cardinal de Mendoza. Isabelle la Catholique est son excutrice testamentaire. -- Ximns. -- Le rite mozarabe. -- Alvaro de Luda. -- Le porte-bannire d'Isabelle la bataille de Toro. 589 III. -- Entre d'Isabelle et de Ferdinand, d'aprs les chroniques. -- San Juan de los Reyes. -- L'hpital de Santa Cruz. -- Les Soeurs de Saint-Vincent de Paul. -- Les portraits fameux de l'Universit. -- L'ange et la peste. -- Sainte-Locadie. -- El Cristo de la Vega. -- Le soleil couchant sur les pinacles de San Juan de los Reyes. 601 IV. -- Les cigarrales. -- Le pont San Martino et son architecte. -- Dvouement conjugal. -- L'inscription de l'Htel de Ville. -- Cordoue, l'Athnes de l'Occident. -- Sa mosque. -- Ses fils les plus illustres. -- Gonzalve de Cordoue. -- Les comptes du _Gran Capitan_. -- Juan de Mena. -- Doa Maria de Pardes. -- L'industrie des cuirs repousss et dors. 613 TOME XI, NOUVELLE SRIE.--35e LIV. N 35.--2 Septembre 1905. [Illustration: la kermesse (page 419).] CROQUIS HOLLANDAIS Par M. LUD. GEORGES HAMN. _Photographies de l'auteur._ [Illustration: Ces anciens, pour la plupart, ont une maigreur de bon aloi (page 413).] Tout pays a son caractre particulier, c'est indubitable; or, la Hollande, tant par la forme de son territoire que par le costume de ses paysans, est peut-tre la contre d'Europe actuellement la plus pittoresque. Fumeurs de pipes, farandoles de kermesses, batellerie lente, ponts gigantesques, moulins bringueballants, calmes contemplations des bourgeois devant les _glass beer_, dhanchements des _boerin_ portant la ville les produits des mtairies familiales, attelages de chiens guillerets, canaux ternels peupls de canards, villages proprets, logis coquets, pcheurs singuliers, cieux capricieux, terres marcageuses,... valent vraiment la peine qu'on se drange, et l'on ressuscite tout son aise, sans fermer les yeux, les paysages si caresss par le pinceau de Ruysdal, et les trognes des buveurs de bire dessins par les Tniers. Aller en Hollande, du reste, n'est rien.... On prend le matin un express la gare du Nord, et le soir on se trouve attabl dans une _koffiehuis_, parmi le calme profond des pturages et le son des carillons. La Belgique tant traverse d'une haleine, ce qui n'est point difficile, vu sa maigre tendue, on descend Roosendal, gare-frontire, o il est d'usage de reprendre quelque force, et l'on monte dans un train lent, de triste mine, en route pour la Zlande, les les aux appellations baroques, sillonnes de rigoles, de canaux, de rivires, de ruisseaux, de bateaux, et peuples de femmes aux bras nus. Mais que l'on se dise bien ceci: la Hollande, pays d'une platitude dsesprante, ne fournit point de sensations violentes, d'enthousiasmes communicatifs, ni de ravissements intrieurs. La Hollande, fief de la quitude, est un endroit o l'on plonge pour ainsi dire dans la batitude. I. -- Une ville hollandaise. -- Middelburg. -- Les nuages. -- Les _boerin_. -- La maison. -- L'clusier. -- Le march, -- Le village hollandais. -- Zoutelande. -- Les bons aubergistes. -- Une soire locale. -- Les sabots des petits enfants. -- La kermesse. -- La pit du Hollandais. Aprs avoir ctoy des marcages monotones, des cultures humides, travers des ponts, le train lent stoppe Goes, puis Middelburg, capitale de l'le Walcheren. Il faisait gris, le matin o j'y parvins. En Hollande, les nuages n'ont pas de clochers pour les arrter, pas plus que d'arbres, collines ou bergres. Ils arrivent de tous les cts, blancs, roses, noirs, mauves, oranges ou rouges, selon l'heure et le vent, pousss par le zphir. Ils dgringolent en averses foudroyantes, puis se sauvent par hordes compactes, essayant de se raccrocher quelque part; mais les moulins qui virent et tournent sans hol, ont l'air de s'en moquer, tels les baigneurs qui plongent dans l'eau quand on les appelle. nuages hollandais, que de tracas vous m'avez causs!.... Dois-je vous en garder rancune?... Je ne sais, car vous ne manquez pas d'allure, et la Hollande sans nuages serait un dsert affreux, et les nuages, l'eau, ont, depuis belle lurette, nou ensemble amiti, pour le grand bien des paysages: Il faisait donc gris, quand je dbarquai Middelburg. Middelburg, n'est-ce pas? est un type achev de ville hollandaise, mi-citadine, mi-paysanne. Avec Goes et Wemildengen, elle est peut-tre la plus intressante de celles o j'ai pass. [Illustration: Des boerin bien prises en leurs justins marchent en roulant, un joug sur les paules.] [Illustration: Par intervalles une femme sort avec des seaux; elle lave sa demeure de haut en bas (page 418).] C'tait le matin. tout instant, je rencontrais des marachers ou marachres, les uns en voitures basses, tranes par des petits chevaux poilus, les autres poussant des charrettes charges de lgumes, beurre, oeufs ou lait. Trip, trep, trip, trep.... Cela trottait sans hte (on ne se presse jamais en Hollande) petit trot mou, vite arrt. Des _boerin_ (jeunes filles), bien prises en leurs justins, les hanches bouffantes de grosses jupes, marchaient en roulant, un joug sur les paules, offrant leurs clients le lait ou le beurre priodiques, en des seaux bleus ou verts couvercles, d'une propret mticuleuse. Le type n'est pas trs joli, je veux dire pas trs fin, car la beaut est extrmement discutable et l'on voit tous les jours des gens se pmer devant les chairs de Rubens, lequel, comme on le sait, ne peignit gure que des Flamands obses. Ces demoiselles, par contre, n'ont pas de timidit. Plus d'une, arrivant les mains la ceinture, les paules agites d'un mouvement sec, s'arrtait devant mon regard, se campait d'un air coquet et me faisait signe qu'une pice de monnaie serait pour elle un excellent bnfice. Si j'essayais de la croquer l'improviste, elle poussait un cri de colre, et me tournait le dos avec ostentation. En d'autres lieux, Marken par exemple, cet impt sur l'tranger est devenu presque un droit, voire un abus ridicule.... Middelburg!... ville proprette, aux rues toutes pareilles. Alentour, des canaux o flottent des trains de bois. Deux ou trois moulins colossaux dominent les toits. Quelques vieux monuments de style. Des carillons chanteurs sonnent les heures, s'grnent tout coup sur le silence ouat des voies quasi dsertes, presque veuves de boutiques. On se promne peu, en Hollande; on ne flne point. On vit chez soi, bien enferm dans sa maison close, nette, claire et ordonne. Pas de maisons de rapport cinq, six ou dix tages. Chaque famille a son logis, son _htel_, o ne pntrent que des gens connus, dont on est sr. Aussi comme on l'aime, ce home, comme on se complat l'orner, le laver, le peindre, le gratter! C'est un talage de soins qui rjouit l'oeil, tant on le sent inn dans les moeurs locales. [Illustration: Emplettes familiales.] [Illustration: Les mnagres sont l, galement calmes, lentes, avec leurs grosses jupes (page 413).] Les rues paves de briques ne reclent aucune immondice. Les fentres garnies de stores ne montrent point de visages curieux se penchant avec grce ou ddain sur le passant. On ne voit point de mnagres tenant conciliabule perte de vue sous des portes cochres qui n'existent point, ou des carrefours frquents. Les enfants eux-mmes sont juste assez bruyants pour indiquer que la ville n'est pas peuple de spectres.... Seuls, vous dvisagent les _espions_, miroirs fixs extrieurement aux fentres, et sur lesquels la dame du logis, assise confortablement l'abri de son _horrikje_, chssis vert en forme de trfle, contemple durant des heures ce qui luit, marche, flotte ou passe, la faon des poissons travers l'eau d'un bocal.... Ah! cette torpeur amicale des logis hollandais, par une aprs-midi grise de septembre! Le dtective au poing, j'arpentais les moindres ruelles, poussant mon indiscrtion familire partout o je pouvais. J'errais le long des quais sonores, o le rouge des toits se mariait au brun des trains de bois flottants, au roux des arbres pressentant l'automne. Je longeais les berges du grand canal; des jeunes filles y faisaient des signaux aux mtayers d'en face, encadrs par l'horizon plat o tournait un moulin. J'eus tt fait de connatre par le menu le court ddale des voies, lesquelles ramnent sans cesse la Place principale, o se dresse l'Htel de Ville aux mille ciselures, o se tient le March hebdomadaire, et o stoppe le tramway de Flessingue, cit maritime, port de relche pour les steamers nomades. Le faubourg qui en prend le chemin conduit un pont. Ce pont s'ouvre par le milieu, la faon d'une double trappe, pour laisser passage aux chalands mats. L'opration dure un bon quart d'heure, pendant lequel les rares personnes ayant besoin de passer l'eau ne font entendre aucun murmure d'ennui. L'clusier, tel un mandataire soucieux de sa responsabilit, s'accoude au garde-fou, silencieux: il attend le bon plaisir du batelier dont le chaland vogue avec la lenteur solennelle des tortues aeules. Cet clusier en vrit formait lui seul un pome de Hollande. Roux en le dcor roux, la pipe visse aux gencives, il rayonnait d'une philosophie sereine,--la philosophie des corps neutres se mouvant par intervalles, pour un but imprcis. En lui revivaient les gnrations mortes des Nerlandais teints, aux gestes mesurs, taciturnes et rveurs, qui mirent des sicles de patience opposer leur passivit ttue la passivit revche de la mer sournoise. [Illustration: Jeune mtayre de middelburg.] Voil bien, en effet, le caractre du Hollandais. Entour d'eau, luttant contre l'eau, nourri par l'eau, il a pris de l'eau la pesanteur molle, avanant sans bruit, avec sa surface colore, receleuse de mondes bizarres. Le visage glabre, rond ou expressif, les cheveux coups la mode de Louis XI, la main paisse, les jambes perdues en un pantalon large, le Hollandais rit peu ou point, ne crie jamais, ne discute pas, semble reflter en son oeil srieux un monde de penses ou de songeries nbuleuses. Roux en le dcor roux, l'clusier symboliste fumait sa pipe, insoucieux de la contemplation o me plongeait son image. Quand le bateau fut pass, il tourna une manivelle de fer, et le passage fut rtabli. Ce coin de ville tait encore plus silencieux que le reste. Une mre songeuse promenant son petit garon emmitoufl d'un chle, formait le seul tre humain visible des parages, au bruit cliquetant du haut moulin proche. Le lendemain tait un jeudi, jour de grand march Middelburg. Le soleil ne disait pas compltement non mes supplications, et rosissait les nuages coureurs venus des ocans. Je djeunai rapidement d'oeufs et de jambon, je me rafrachis avec du th, et je gagnai la Grand'Place, sige des ngoces. Trois ou quatre boutiques volantes, un afflux de mtayers ou mtayres et de voitures bches blanches, indiquaient par l des vellits de _business_; mais je cherchais partout, en vain, les remous de foule, prcurseurs de gestes mercantiles. En Zlande, il n'y a ni culture ni industrie. Par consquent, il ne saurait s'taler, comme chez nous, de ces amas de lgumes, d'oeufs, fruits ou fleurs, autour desquels se pressent les mnagres. [Illustration: Middelburg: le faubourg qui prend le chemin du march conduit un pont (page 411).] En Zlande, le paysan ne produit gure que du lait, du beurre, de la betterave et de la pomme de terre. Le lait et le beurre sont ports aux clients par les _boerin_, ainsi que nous l'avons indiqu. La betterave s'en va aux usines par les bateaux. Le terme de _march_, appliqu la runion hebdomadaire que je vis l et qui se perptue, serait donc assez impropre. Sous le prtexte de vendre quelques vagues kilogrammes de beurre, les braves gens viennent la ville faire leur petit tour hebdomadaire, pour y rencontrer des connaissances, prsider quelques emplettes, fumer des pipes devant l'Htel de Ville, et rver, les mains dans les poches, en une salle de billard, devant un _glass beer_ de haute taille, au bruit sec des billes manies par des joueurs silencieux. Quel calme! Ce peuple, nourri de fcules et de graisse, n'a pas de nerfs. Large, lourd, gros sans obsit, ne connaissant point la misre, il rappelle ces bonzes chinois accroupis en des chaises de rotin, qui tournent, yeux bats, les pouces sur leur ventre, en une contemplation ravie, insoucieuse des heures. Les hommes se groupent un angle de la Place, afin de se confier leurs impressions sur le cours des bestiaux ou des betteraves, la sant de leurs enfants. En quelques mtres carrs, il y a l une runion de types faire frmir d'allgresse les descendants des Tniers, Van Ostade ou Potter, les bons peintres dfunts. [Illustration: Une mre, songeuse, promenait son petit garon (page 412).] Des groupes d'Anciens, en culottes courtes, bas chins et chapeaux marmites, le visage ras, encadr de touffes chenues, reportent l'esprit des sicles en arrire. Ces Anciens, pour la plupart, ont une maigreur de bon aloi, contrastant avec l'paisseur des jeunes, et montrant que la vieillesse attend surtout les individus aux muscles secs. De cette lourdeur gnrale, il serait malsant de dduire une intelligence borne. Le Hollandais est instruit; il lit peu, mais retient beaucoup. Sa bonhomie, ses faons massives ne sont souvent qu'un vtement: il faudrait, avant de s'y fier, expliquer le sourire imperceptible qui plisse parfois son oeil rond et bleu, sa lvre molle sans rides. Il a ce qu'on appelle le courage _contre les choses_, compos de bon sens et de calcul. La lutte sculaire entreprise contre la mer et les fleuves dvastateurs, lui a donn une grande persvrance, une patience sans bornes, vritable force d'inertie. Il est actif; mais son activit, peu turbulente, se manifeste par un travail silencieux, soutenu, rgulier. conome, il reste simple, mme dans l'opulence, et ne manifeste sa vanit qu'aux grandes occasions, souscriptions publiques, noces ou kermesses. Quand le paysan hollandais marie sa fille, par exemple, il donne un repas considrable... Autrefois, les ftes d'pousailles taient entres dans les moeurs un point tel qu'une loi dut intervenir pour fixer le nombre des violons, la valeur des cadeaux, le prix du couvert. Par deux ou trois, les mtayers stationnent en des entretiens minutieux, prononcs voix neutre, cependant que la fume des cigares argente leurs yeux, ou bien, pas lents, ils vont vers l'estaminet, et continuent leurs confidences, assis le long du mur. L'estaminet, ou plutt la salle de _billjard_, ressemble de loin nos auberges ou nos cafs. Tout l'espace est pris par le billard norme, perc aux quatre angles. Dans un coin, une table ronde, couverte d'un tapis ramages, avec ce qu'il faut pour crire, des chaises bien alignes, sont les seuls meubles rservs aux clients sages. On pourrait donc croire, quand on entre l, pntrer au domicile d'un particulier qui vous offrira le verre de l'amiti, les coudes sur le bois. Sur la Place, dcidment, il n'y a que des hommes. O vont donc les femmes?... J'avise un trio de mnagres qui s'loignent, panier au bras, et je les suis. Elles m'amnent bientt une vaste cour, entoure d'un clotre, au milieu duquel un vieil ormeau jette son ombre. C'est le prau des _laren_. Elles sont l, galement calmes, lentes, minutieuses, avec leurs grosses jupes, leurs tabliers et leurs chles vivement colors, leurs coiffures blanches, ornes de clinquailles. Les unes ont pos leurs paniers sur des trteaux prpars, ou sur le sol ct des feuilles tombes, et attendent avec une patience infinie qu'une acheteuse vienne les dbarrasser de leur onctueuse marchandise; les autres stationnent, tournent, errent et stationnent encore, quasi muettes, le regard un peu vague, comme si elles n'taient pas certaines de fouler une terre ferme. --Vous voulez du beurre? --Nous voulons du beurre. --Vous avez du fromage? --Nous avons du fromage; voyez sa tendresse. Ces questions, ces rponses bruissent doucement avec le bruit du vent dans les branches du vieil arbre, et quelques femmes se dcrivent posment entre elles la faon dont elles ont fabriqu ce produit dlectable avec le lait de tel jour, tir d'une vache dtermine. Insignifiantes, mafflues, seraient les dames hollandaises, sans leurs costumes bigarrs, ainsi que celles vtues la moderne, qui n'ont ni grce ni langueur. Avec les atours du pays, elles se dtachent ainsi que personnes spciales sur ce fond archaque, s'ternisent en des attitudes droites, comme si elles voulaient, toujours et partout, se lguer en peinture. Leurs bras nus, durcis par la bise, supportent des corbeilles recouvertes de rouge, de bleu ou de jaune; et, comme c'est encore l't, elles portent sur la tte des chapeaux en forme de pots de fleurs renverss, garnis de pompons. Dessous l'ormeau aux branches brunes, leurs chles ramages se dcoupent frachement, penchs vers les paniers ouverts que gardent des _boerin_ dont la jeunesse, comme toutes les jeunesses, ne manque pas de charme, malgr la raideur des corsages colls aux bustes angles droits. [Illustration: Une famille hollandaise au march de middelburg.] Leurs pieds peu presss d'tre passs foulent la brique dont est pav le parvis vieillot, et c'est le seul bruit qui s'lve, tout ouat, dans le silence gnral.... Les dames hollandaises, l'on dirait, semblent porter avec elles constamment des secrets prcieux qu'il ne leur faut se rvler qu'ensemble, derrire un mur peint en barres sombres et claires, l'abri des crans verts dont se parent leurs fentres. Leurs prunelles humides refltent les grands pturages o paissent les gnisses qu'on va traire souvent; leurs fronts troits, bien serrs dans la dentelle, poursuivent videmment la chanson biquotidienne du lait s'gouttant goutte goutte, avec des bulles, dans du lait, et leurs mains ne sauraient se dpartir de ces gestes de harpiste, dont elles caressent les pis blancs. Ont-elles la douceur du liquide mammaire?... Ne nous htons point de conclure. En Zlande, en Frise ou en Grningue, il y a des brunes et des blondes, des rousses et des chtain; et si l'abondance des nourritures molles a enduit leurs nerfs d'un fourreau lymphatique, elles ne diffrent point, sans aucun doute, comme sentiments, des autres descendantes d've. Et voil les rflexions inspires par un grand march de Middelburg.... Singulier march en vrit, o l'on marche avec rien, du bout de l'orteil, en des flneries sempiternelles. Un septuagnaire, appuy sur son petit-fils, me sourit bonassement. Lui est le pass, avec son costume d'image flamande; l'enfant est le prsent, l'avenir, avec sa casquette trique, sa veste carre. Je fais un signe. Le petit veut arrter l'aeul au bord de ce danger qu'est mon instrument _ramasseur de figures_, mais l'Ancien s'arrte, et prend une pose noble, ainsi qu'un seigneur qui aime qu'on l'admire. Une trombe d'eau balaie soudain le ciel, les rues, les toits en escaliers. Pendant une heure, elle ruisselle, gicle, clabousse, ramenant aux salles de _billjard_ les mtayers calmes; puis le soleil reluit, et l'on se prpare regagner le logis. Les grandes voitures en forme de nacelles, recouvertes de bches blanches, sortent de tous cts, se rangent devant les seuils hospitaliers. Les fillettes ravies de leur promenade, les mnagres contentes de leurs achats et de leurs bavardages, les boers satisfaits de leurs flneries, bien rassasies de bire et de genivre, y montent tour tour. [Illustration: Le march de middelburg: considrations sur la grosseur des betteraves.] --Tott werziens!... Goedag! (Au revoir!... Bonjour!) Les chevaux secouent les oreilles, lvent des jambes molles et partent trip, trep, trip, trep, tranquillement par les routes troites, bien paves, avec le minimum de bruit, vers les curies.... La ville, un instant mouvemente, reprend sa somnolence familire. Le soleil descend. Les canaux s'irisent de lueurs profondes. Dans le crpuscule venu, des bateaux passent, silencieux, les voiles hautes, avec un lger clapotis. Les moulins sombres paraphent le couchant de signes muets, fuyants comme les minutes. Derrire les stores baisss des logis, des lumires ples apparaissent. Silence, silence, silence.... Middelburg, ville de Zlande, en l'le Walcheren, disparat sous la nuit.... Zoutelande, village perdu derrire les dunes, prs de la mer. Un grand moulin le signale. Le soir tombe. Le long des chemins rocailleux, bords de ruisseaux, le vent fait rage, annonant les flots proches. Au pied mme des montagnes de sable, une rue principale, nette comme un vestibule d'htel, avec un pav brun et des maisons claires, peintes et laves. Une seule auberge, de laquelle je heurte l'huis. Autour du billard, quatre ou cinq hommes en culottes courtes s'agitent gravement. L'hte: un petit vieillard rond et rjoui; l'htesse: une large quadragnaire, la mine entendue. Elle se carre, les poings aux hanches, et entame en flamand un long discours. Je souris et esquisse un signe de dtresse. Au moyen du Lexique exhib de ma sacoche, je lui donne comprendre qu'il me faut une chambre et de la nourriture. Elle met un doigt sur son front: Compris! et s'en va. Elle revient quelques instants aprs avec sa fille, galement large, et recommence un discours. Je reprsente la fille mon truchement, et toutes deux opinent du bonnet, disant: Compris! Hlas!... La fille va chercher le pre, lequel acquiesce tout ce que j'indique, rit d'un air bienheureux, et hoche la tte la faon des bonshommes de porcelaine. Dsespr, j'ouvre la bouche, y plonge l'index, en mastiquant, et je me penche sur une table en fermant les yeux. Ils joignent les mains, ravis, se regardent. Comme il est drle tout de mme, cet homme-l! Compris, compris, font-ils, attendant peut-tre que je mime autre chose; mais je prtends ne pas avoir devant moi des Cafres ou des Berbres, et je m'assois dignement, la langue tire, preuve vidente que je boirais bien. [Illustration: Des groupes d'anciens en culottes courtes, chapeaux marmites (page 413).] On m'apporte du lait. Le crpuscule s'appesantit. Esprant qu'on va me griller quelque chose, je sors. Le vent s'engouffre, bouriffe mes cheveux. Il n'y a personne dehors. Je monte sur la dune: c'est ne pas tenir debout. La mer dferle contre les pieux plants le long des grosses pierres destines rabattre le sable. Au large, un steamer d'Anvers lutte contre la houle, en fumant obliquement. Brrr! il fait frais. Je suis bien tent de chanter la gloire des Zlandais, du haut de mon promontoire; mais le moulin qui tourne en cadence l'extrmit du village, semble me faire la nique avec ses grands bras fuyants. Je rentre au Roode Leeuw, logement en koffiehuis. Les joueurs de billard sont partis. Le patron fume sa pipe auprs du fourneau, tandis que la fille ple des pommes de terre. La bourgeoise me donne examiner son pouce, et me montre la porte d'une pice voisine. Je me rends cette invitation premptoire et je trouve sur une nappe un verre de lait, deux oeufs et du fromage... menu frugal des cnobites de la Gaule, au temps des Barbares. L'estomac creus par un aprs-midi de prgrinations, je rclame bruyamment la suite. Il n'y a pas de suite. La dame me regarde avec consternation, et compose un nouveau discours, auquel je n'entends rien. --Brood en melk (pain et lait), lief moeder (jolie maman), lui montrai-je sur mon Lexique, d'un geste impratif. --Begrijpen (Compris)! Hlas! je dus me rconforter de tartines beurres, arroses de bire et de lait. Quand j'eus apais ma fringale, je rejoignis la famille, prs du fourneau o ronronnait une bouillotte. La fille pelait toujours ses tubercules, et la mre, le cou pench, se grattait mthodiquement la nuque, tandis que le pre, batement enfonc dans un fauteuil de bois, soufflait des ronds brumeux de sa pipe robuste. [Illustration: Un septuagnaire appuy sur son petit-fils me sourit bonassement (page 414).] [Illustration: Roux en le dcor roux, l'clusier fumait sa pipe (page 411).] soire hollandaise, en cette auberge bien close, reluisante de propret, je te vois encore! L'horloge peinte scandait les minutes de son balancier rouge. Les murs tapisss de plaques en faence fleurs bleues, donnaient, la lueur de la lampe, une illusion de marbre encadrant d'un miroir opaque les meubles massifs d'acajou brun. _Pietje_ (Perrette) est une excellente _boerinnetje_ (jeune fille), et ses parents, de mme, sont tout bonasses. Le langage des yeux, trs expressif, remplace avantageusement celui des langues, et nous saisissons bientt les penses mutuelles que nous cherchons exprimer. Ce silence, ce calme, irritent cependant, au bout d'une heure, mes nerfs de Franais actif. Le vieux est tellement bat qu'il m'agace, et les grattages de la mre deviennent contagieux. Je profite du moment o la fille a termin sa sculpture, et je montre le plafond d'un geste nergique. La mre relve la tte et sourit. C'est son affaire. Elle laisse son tricot, et me conduit une chelle, derrire la cuisine, dresse son index, et me remet le flambeau, en prononant un discours compliqu. --C'est bon, c'est bon, rpondis-je, lief moeder, je souhaite une bonne nuit, toi, ton poux rond, ta jeune fille, toute ta maisonne!... Je grimpe l'chelle et je pntre dans une manire de grenier o se rsume la richesse lgumineuse de la famille: droite, un tas de pommes de terre; gauche, une pyramide de carottes; devant, un monticule d'oignons; autre part, des pois et des ustensiles; entre deux poutres, enfin, une alcve de planches brutes recle une paillasse, deux draps et une couverture. Je croise les bras, rempli d'indignation....., mais je rflchis qu'en un village perdu, sous les dunes, en une le, il ne faut pas tre difficile, et j'imite Napolon qui se couchait tout habill, par crainte des surprises. Le vent courait sur le toit, raflant les tuiles avec des hans nergiques; mais, rassrn par la pense qu'il devrait briser le toit, avant de s'en prendre moi, je fermai les yeux et sombrai dans le sommeil.... Au matin, un soleil superbe se coula par la lucarne et m'aurola le front. Je m'empressai de descendre et de gagner le chemin, lequel, chose tonnante, retentissait d'un bruit de sabots anormal. Ce choc de bois sur la pierre me rappelait positivement la cadence des Bretons, aux mmes heures, en leur vieux bourgs. --Cela n'est cependant pas possible, me disais-je, que les gars de Gumen ou les filles de Fouesnant aient pass la mer pendant la nuit pour me jouer cette aubade! Ce sont peut-tre les Trpasss de mon pays qui veulent me surprendre et m'empcher de me faire naturaliser Hollandais. Ils n'avaient pourtant rien craindre cet gard.... Au bas de l'chelle, les femmes me sourirent; le patron, toujours assis batement, lana une grosse bouffe en roulant ses yeux bleus.... Le chemin tait tout simplement rempli de marmots qui attendaient l'heure de l'cole en courant de-ci, de-l. tonnants, ces enfants! En d'autres pays, leurs pareils font un vacarme diabolique, crient, trpignent, se poursuivent, jouent au cheval chapp, la corde, au voleur, au pendu..... Ici, ils trottent. Les garons, les mains dans les poches, la casquette sur l'oreille, se bousculent mollement. Les filles, vtues comme les grandes personnes, de jupes bouffantes et de gros chles, sautent en joignant leurs menottes entre elles, courent en faisant pouf pouf, leurs petits pieds perdus dans des sabots gants, leurs minces bras nus dcoupant une ligne frle. Le spectacle tait d'une fracheur exceptionnelle. Un clair soleil de septembre, une rue pave, nette comme une nef, des huis (maisons) roses, brunes, blanches aux toits roux, des fillettes vtues de bleu s'agitant avec une grce trs locale, pouf, pouf.... On regrette vraiment, certains instants, de ne pouvoir transporter d'un coup de pinceau, sur une toile, la gamme de toutes les nuances dont se compose une scne de ce genre. Les enfants m'aperurent et prirent leur vol comme des oiseaux effarouchs, devant mon geste pour les photographier. Je les suivis. Ils rirent, tournrent des murs, se cachrent, rapparurent, et j'eus bientt l'illusion d'tre un loup poursuivant des agneaux. Clic clac, je les saisissais au jug, au moment o je tombais sur eux, en quelque recoin o ils se cachaient. Les filles joignaient les mains, ainsi que gibier vaincu demandant grce; les garons, au contraire, me bravaient. [Illustration: Le village de zoutelande.] Ce petit monde, aux vives couleurs, ne tarda pas me laisser seul dans Zoutelande, pour entrer au parvis scolastique. Je fis le tour du village. Pas une me. Portes closes. Fentres mystrieuses. Silence. Nul lavoir rsonnant de battoirs sonores. Aucune mnagre conversant avec une voisine, ou travaillant dans son courtil. Par intervalles, une femme sort avec des seaux d'eau et un immense balai; elle lave sa demeure du haut en bas, gravement, monte jusqu'au toit pour essuyer les tuiles, et referme sa porte, derrire laquelle on la devine, lavant encore, essuyant toujours, fourbissant sans cesse, grattant et ornant. On a beaucoup parl de la propret hollandaise. Elle n'est pas un mythe. Ce peuple a l'orgueil de la nettet. Vivant au milieu de l'eau, sous un ciel pluvieux, gratifi de vents tourbillonnants, il emploie l'un et l'autre emporter les immondices, la poussire et le mauvais sort. La pauvret, en ces parages, semble inconnue; si elle existe, elle est si propre qu'on ne la voit pas. Chaque famille se lgue, de gnration gnration, les meubles massifs autour desquels on coule sans secousse une vie pesante. [Illustration: Les grandes voitures en forme de nacelle, recouvertes de bches blanches (page 414).] L'humidit ambiante, le rtrcissement forc des routes terrestres, le manque d'agriculture, d'industrie, sont pour beaucoup dans ces moeurs. Puis la Hollande est un pays de bourgeois, de bateliers et de courtiers, toutes situations sociales o le confort se trouve d'habitude. Le moindre mtayer vous impose par son vtement, sa faence et son huis reluisante. Il donne l'impression d'un homme sr de lui, de son pass, de son prsent, de son avenir, nullement inquit par un impt progressif, une politique effarante ou une nervosit de mauvais augure. Par nature, le Hollandais est rserv et taciturne; par habitude, il aime le travail, les affaires, la vie de famille. Religieux, il l'est sans excs. Le culte rform, auquel il appartient, n'invite point aux manifestations dvotieuses, et n'admet aucun luxe d'icnes ou de statuettes, ainsi que l'on en voit en d'autres contres. Les temples n'offrent que des murs nus ou blanchis. Il s'y rend le dimanche, pour couter le prche. Point de ftes gracieuses, symboliques ou remmoratives. On va la _kerk_ (glise) parce que cela doit tre ainsi, et qu'il faut faire ce qui doit tre fait, selon la tradition. La Bible est un monument national, identifiant la Rforme au patriotisme, sentiment profondment ancr dans le coeur des Nerlandais; et quand Louis XIV, matre d'Utrecht, fit brler sur la Grande Place tous les exemplaires qu'on en put trouver, il et pu se vanter sans forfanterie d'avoir livr aux flammes la Hollande intellectuelle de ce temps-l. La libert de conscience cependant est partout respecte, et ce, depuis des temps immmoriaux. Les sectes religieuses sont innombrables, et toutes vivent en bonne intelligence. Catholiques, protestants, juifs, musulmans, jouissent exactement des mmes droits et prrogatives. Les moeurs sont rigides. Jamais, dans les campagnes, on n'entend parler d'aventures passionnelles. Le jeune homme qui a remarqu une jeune fille, s'arrange pour obtenir le mariage, si toutefois les intrts se conviennent; tout est calme parmi les _polders_ (pturages), mme les sentiments. Cette rserve disparat une fois l'an, pour se transformer en orgie, l'occasion des _kermesses_. Pendant les jours qui sont consacrs ces ftes nationales, le boer met dehors tout ce qu'il doit rprimer en temps ordinaire, c'est--dire les vilains cts de sa nature; il danse comme un chaland sur une mer dmonte, fume comme un steamer d'Anvers, et boit comme le _Helder_, aux jours d'inondation. Durant trois jours et trois nuits, en certaines villes particulirement, il ne quitte plus les koffiehuis. Vautr sur les tables, accroupi sur le sol, assomm par l'ivresse, gris par la musique, il se rvle un tre nouveau, de gestes extravagants, de verbe strident; et l'on ne saurait dire vraiment quoi le comparer, si ce n'est Bacchus lui-mme, en ses grands jours d'expansion. La toile de Rubens, au Louvre, si crue en son ralisme, serait encore symbolique, si un croquis d'observation pouvait tre un symbole pour une race picurienne. L'orgie, cependant, il faut le reconnatre, varie selon les contres, et tend de plus en plus se transformer en ftes familiales. C'est tant pis pour le pittoresque. Les kermesses ont pour les jeunes gens une importance d'autant plus grande, qu'elles forment pour eux une rare occasion de s'agiter, de _sortir_. En ce pays marcageux, o la vraie campagne n'existe point, on ne peut aller, comme chez nous, se promener, le dimanche, le long de chemins verdoyants, parmi des prs fleuris. De temps autre, on prend bien le bateau pour aller Rotterdam ou Zieriksee, mais ces excursions passagres ne valent pas un jour de _hermis_, au chef-lieu du district. L, on se sent chez soi, ou peu prs, et l'on peut son aise sans crainte d'abandon, absorber les muids de bire noire, manger des crpes de froment, des oignons, concombres ou citrons confits dans le vinaigre, assaisonns d'oeufs durs.... Quant aux filles marier, leur moi est indispensable. Longtemps l'avance, elles prparent la coiffure aux ailes rondes qui donnera leurs yeux une importance incisive, le collier de corail, le chle de velours bleu de roi, les plaques d'or qui cercleront leurs fronts, ainsi que des papillons, et tous les petits accessoires de toutes les couleurs qui blouiront les garons nonchalants. Ces bijoux sont l'orgueil de la _boerin_. Le rve de chacune est d'en possder de magnifiques, en or vritable, afin que le vent, les agitant, les fasse bruire finement, ainsi qu'un bourdon de libellule. Zoutelande, on raconte qu'une demoiselle de ferme, trs belle, mais peu fortune, par suite de l'avarice paternelle, grillait d'une envie mortelle d'galer sur ce point ses compagnes de kermesse, afin d'tre, comme elles, prie danser, rire et manger des _baskets_, par les prtendants, qui fuient la pauvret. En allant au march de Middelburg, pour vendre le lait et le beurre de la maison, elle ruminait ce souci obsdant, et se dsolait d'tre ainsi ddaigne, malgr sa gentillesse. --Je veux briller, songeait-elle; car je vaux toutes les autres. Tout en marchant, le torse bien cambr, roulant sous le joug de frne brun, elle regardait mlancoliquement l'eau des ruisseaux qui refltaient le soleil, et se disait que si cette eau tait du lait, elle aurait promptement de quoi acheter les plus beaux bijoux des orfvres de Schoonhoven. Puis elle sourit, s'arrta, ouvrit ses seaux peints, considra qu'ils n'taient pas pleins, y ajouta un peu de cette eau moire de reflets coureurs, et continua son chemin. Au lieu de vendre huit litres de lait, elle en vendit ainsi douze chaque jour et mit de ct, en une cachette, le produit de sa ruse. Elle fit si bien, qu'elle amassa bientt un pcule honnte, et put faire l'emplette des _strikken_ tant convoites. Elle ne se tenait pas de joie et ne put rsister, au retour de la ville, au dsir de mettre ses tempes les prcieuses antennes, pour se regarder dans l'eau. Hlas! comme elle se penchait pour apercevoir son minois, les boucles, mal assujetties, se dtachrent et churent avec un bruit sec au milieu du courant. Reneetje, assise sur l'herbe, pleine de rage, de dpit, de chagrin, pleurait toutes les larmes de son corps, quand le vent glissa son oreille ces mots raisonnables: Ce qui vient de l'eau doit retourner l'eau. On ne dit pas si la jeune personne accepta cette consolation. (_ suivre._) Lud. Georges HAMN. [Illustration: Aussi comme on l'aime, ce home (page 411).] Droits de traduction et de reproduction rservs. TOME XI, NOUVELLE SRIE.--36e LIV. N 36.--9 Septembre 1905. [Illustration: Les filles de l'htelier de Wemeldingen (page 429).] CROQUIS HOLLANDAIS[1] [Note 1: _Suite. Voyez page 409._] Par M. LUD. GEORGES HAMN. _Photographies de l'auteur._ II. -- Rencontre sur la route. -- Le beau cavalier. -- Un djeuner dcevant. -- Le pre Kick. [Illustration: Il se campe prs de son cheval (page 422).] Aussitt marie, aprs les normes rjouissances de la noce, la _boerin_ remet au tiroir les menus brimborions dont elle tait si coquette. L'usage veut en effet qu'elle prenne l'allure grave, srieuse, des femmes qui n'ont plus de conqute faire, ayant trouv compagnon: elles garderont cela pour leurs filles, lorsque celles-ci, leur tour, selon le perptuel recommencement, aguicheront les _boers_. Et voil... Depuis longtemps dj je me promne dans Zoutelande, coutant la brise me raconter ces joyeux devis, entre deux souffles donns au grand moulin proche. Un mtayer, dans sa charrette en forme de nacelle, attele d'un grand cheval hirsute, part pour les champs; bruit soudain dans le silence. Autre part, je rencontre, l'ore du village, un couple minuscule, compos d'un petit garon et d'une petite fille. La petite fille, trs goguenarde, trs maman, gourmande le petit garon, d'une voix de basse-taille, et veut le retenir sur le chemin de Westkapelle, o le tmraire Guillaume veut s'engager. Elle le tire de toutes ses forces par un pan de sa veste, et l'on reconnat en elle la future _vronwtje_, retenant son poux qui veut s'en aller courir le canal..., souci adorable. Un galop sonore... Qu'est-ce que c'est?... Un homme aux yeux bleus, dans une figure rjouie, revient des cultures avec ses deux chevaux, sa femme et ses servantes. Il salue, puis saute terre, de plus en plus rjoui, montre ses btes, fort en point, dsigne mon instrument, pose une main sur sa poitrine et l'autre aux naseaux des animaux, et donne entendre que le tableau doit tre d'une beaut remarquable. Avec un sourire, j'excute trois pas en arrire, deux droite, un gauche, murmure une approbation, et lche le dclic de mon obturateur. --Atchoum! ternue le cheval numro un. Le cavalier, dcidment au summum de la satisfaction, me communique des impressions, hlas! incomprhensibles, et repart avec un geste de: tout l'heure, attendez-moi! Intrigu, je contemple l'glise, nue et triste, le champ verdoyant o l'on enterre les morts sans apparat ni signes funraires (ce qui vient de la terre doit retourner la terre, sans plus... la philosophie hollandaise est en ce sens), et je me prpare grimper sur la dune, quand de nouveau un triple galop rsonne: j'aperois mon cavalier rjoui, amenant trois coursiers nouveaux. Il parle; il descend. Il se campe prs de l'un et dclare qu'il me faut continuer mon jeu de massacre. --Tu abuses! mon cher, rplique-je en dialecte de France. Et pour m'en dbarrasser, je lui tourne la tte vers le large, et je feins de le saisir. Par trois fois, pour les trois chevaux, je ritrai la farce; puis je reus une adresse, calligraphie au crayon, en mme temps qu'une dmonstration de satisfaction absolue. --Tot, werziens, tot, tot... (Au revoir, la prochaine!) Je montai sur la dune. Les enfants sortis de l'cole sabotaient en choeur, plouf, plouf, toc, toc.... Il tait ncessaire de les attirer par quelque chose d'insolite. Brandissant ma casquette, je me mis courir avec des mouvements de bras, le visage tourn vers la mer, comme si j'tais tmoin d'un spectacle extraordinaire. Cette extravagance aiguisa les curiosits. Par tous les sentiers, les marmots se juchrent, les uns tirant les autres, s'embourbant dans le sable. Je courus la grve, jusqu'au bord des vagues. Ils me suivirent. L, je sortis soudain de ma poche une poigne de _cents_. Ils se rurent en avant. Je ramassai le billon. Une partie se sauva, effare; le reste, compos de filles, se tint en rond, tendant leurs frles bras nus. [Illustration: Je rencontre l'ore du village un couple minuscule (page 421).] --Houp! criai-je; dansez, devant moi! L'une entonna une chanson, et les voil parties, bleues et roses sur le ciel mauve, devant l'horizon glauque, fraches dans la fracheur matinale. Aprs cinq minutes de _travail_, les petiotes m'entourrent, et je dposai dans les paumes roses les picettes attendues. Puis elles prirent leur vol comme des bergeronnettes, me rappelant qu'il tait l'heure du djeuner. Sur la dune, l'htesse me cherchait. Les poings aux hanches, elle entama un grand discours en montrant sa bouche, ses dents et son estomac, organes opulents. Je l'accompagnai dans la petite salle aux murs de faence fleurs bleues, o une serviette crue impeccable supportait une srie de plats en porcelaine blanche couvercles, d'un aspect engageant. L'hte, bat, souffla une abondante fume de nicotine, et se dandina en m'apportant un _glass beer_ (verre de bire). Solennellement, le palais dj excit, j'ouvris le premier plat: un bifteck raccorni nageait dans la margarine... J'ouvris le second: des carottes tamises... J'ouvris le troisime: des pommes de terre bouillies... J'ouvris le quatrime: des hachures de choux fleurant l'essence d'hliotrope blanc..... L'htesse souriait divinement, remplie de fiert. Dsol, j'gouttai le bifteck, et le dvorai en silence, grand renfort de bire, de lait, d'oeufs et de tartines beurres... cuisine hollandaise! que de tracas tu m'as occasionns! Tu n'as d'gale, je crois bien, que le pablas espagnol, le jambon allemand ou le couscous arabe. [Illustration: La campagne hollandaise.] [Illustration: Environs de Westkapelle: deux femmes reviennent du molen (page 425).] Comme j'allumais un cigare pour attnuer la tristesse de ce festin misrable, un Ancien entra cans. Cet Ancien, la vrit, avait un air plus ancien que tous les Anciens que j'eusse encore rencontrs. Il s'assit prs du comptoir, se fit servir un important _bols_, et s'absorba, en face du patron bat, en une somnolence vague, coupe de paroles molles. J'avais sous les yeux une pure toile de Tniers, et j'en savourais la survie. La rendre par des mots, j'en suis incapable. Aucun mot ne saurait traduire le calme profond de ces deux vieux sirotant leur liqueur en fumant, assis, comme pour l'ternit, en des fauteuils de bois dossiers raides. La bouillotte de cuivre reluisait ct; le soleil, travers l'cran vert de la fentre, donnant une lumire de vitrail, se rverbrait aux faences du mur, et l'horloge, avec une sage hte, poussait de son balancier rouge les minutes, au-dessus de ces macrobites savourant la lenteur de l'heure. Au bout d'un temps long, court, moyen, qu'importe! le pre Kick vida son verre jusqu'au fond, secoua la cendre de son cigare, et sortit. Il monta vers la mer par un sentier clos de barrires vertes, le dos tourn aux tuiles jaunes des toits. Qu'allait-il faire par l? Nul ne le saura sans doute... Sur la dune, il regarda l'ocan, les mains dans ses poches, l'air indiffrent; il me montra un steamer dont la fume courbe striait l'horizon, puis s'absorba nouveau dans une contemplation muette, singulire. Et il symbolisait ainsi merveille, le pre Kick, les gnrations de Nerlandais, liens tenaces, qui, patiemment, volrent la mer la terre actuelle, avanant de sicle en sicle les jalons de pierre ou de bois, les digues normes et les jetes sans fin, matresses de l'embrun. Dans le regard dont il scrutait l'tendue mouvante, le pre Kick semblait dire: Je te tiens, ma fille, et mes enfants te tiennent! III. -- La terre hollandaise. -- L'eau. -- Les moulins. -- La culture. -- Les polders. -- Les digues. -- Origine de la Hollande. -- Une nuit Veere. -- Wemeldingen. -- Les cinq jeunes filles. -- Flirt muet. -- Le pochard. -- La vie sur l'eau. Une partie de la Hollande, comme l'on sait, est situe fort au-dessous du niveau de la mer, et mme des rivires, ce qui explique les travaux de toute nature, insignifiants en apparence, colossaux aprs examen, dont les indignes ont couvert le pays. Avant la naissance du Rhin, les Pays-Bas taient une mer. Un beau jour, les Ardennes, battues en brche par les lacs emprisonns dans leur giron, cdrent sous leur force irrsistible, et s'ouvrirent devant les eaux, projetant leurs parois miettes des distances prodigieuses. Le Rhin, nouveau cours d'eau, dessina alors la Nerlande, selon son bon plaisir, avec l'aide de la Meuse et de l'Escaut. Apportant avec lui des alluvions incessantes, il fit reculer peu peu l'ocan, jusqu' ce que celui-ci prt sa revanche et trouvt pour l'arrter une race d'hommes advenus. Le Rhin, affaibli par ses confluents, serait mort parmi les sables, si le gnie de ces lutteurs ne lui et port aide. La force d'immobilit de la mer oppose la force des eaux courantes, la tendance des fleuves ensabler leurs embouchures, la violence des vents, l'abondance des pluies, des dgels, firent ensuite refluer et dborder les trois fleuves, qui laissrent peu peu dans le pays des marais, des lacs, qu'il fallut drainer, couler, endiguer. L'histoire des inondations hollandaises, par suite, est longue et lamentable; sans les Hollandais, la Hollande n'existerait pas; sans leur vigilance incessante, elle deviendrait bientt un dsert aquatique. De Middelburg en Zlande, jusqu' Amsterdam et Hoorn, la terre, plate l'infini, est coupe de canaux innombrables, de ponts, de ruisseaux, de marcages et de prairies spongieuses o les animaux enfoncent parfois jusqu'au jarret. Qu'on imagine un damier invraisemblable, stri en tous sens de routes liquides o se refltent des nuages incessants, des maisons colores, en bois souvent, des moulins et des troupeaux. D'troits chemins pavs de briques ctoient les grands canaux, et relient les villes et villages. Peu ou point de labour. Le pturage suffit presque nourrir l'habitant de lait onctueux, de fromage et de biftecks. [Illustration: Par tous les sentiers des marmots se juchrent (page 422).] L'eau souveraine, l'eau envahissante, l'eau montante ou descendante selon la lune, panouit perte de vue ses rseaux flous o voguent sans cesse des barques, des chalands, des vapeurs, des canards. La prairie, d'un vert tendre, prodigieux, s'tale aux abords, s'en va vers l'horizon gris, seme de toits en forme de pyramides, anime de vaches et de taureaux nonchalants, d'une quitude sans bornes, humant les brises parfumes de gramens clos, et promenant leur langue sur le velours des herbes molles. C'est monotone; et cette monotonie, reposante comme un lavis lger, engendre des impressions de calme serein dont le reflet s'aperoit partout, dans les tres et dans les choses. Les nvross, ceux dont les chagrins exacerbants, les rvoltes bouillonnantes bouleversent le coeur, devraient retrouver, en errant le long de ces mille miroirs sans rides, au milieu de ces tapis naturels illimits, la quitude premire. Voici quelques croquis. Aprs une grosse pluie, sur la route de Monnekendam, une huis rouge, entoure d'une ceinture d'arbres rabougris; le chemin droule son ruban sem de flaques claires, prenant du bleu de ciel. D'autres logis, plus loin; deux moulins virent par saccades, s'arrtent une seconde, partent, tourbillonnent, s'arrtent et tournent encore, rompant le grand silence de leur rythme ail. Ah! les moulins!.... Leur nombre droute l'esprit. Jamais on ne pourrait croire qu'il y en a tant. Ils servent tout: presser des graines olagineuses, battre le chanvre, scier le bois, broyer le sable, pomper l'eau. Le moindre souffle de vent qui passe sur le pays doit payer tribut l'industrie, stationner un moment, s'enrouler aux mille vergues qui paraphent le ciel de leurs croix impatientes. Grands, petits, ronds, carrs, il y en a de toutes les tailles, de toutes les formes, depuis l'infime moulin de polder s'agitant dsesprment, rageusement, jusqu' la tour imposante du moulin de page, aux murs recouverts de lige. Ces moulins ont une raison d'exister capitale: les digues, les cluses leves contre les eaux _extrieures_, fleuves et mer, n'auraient point suffi rendre la Hollande habitable, si le pays n'et trouv encore l'art de se dbarrasser des eaux _intrieures_, formes par les pluies, les crues, les sources ou l'extraction de la tourbe. Manquant de machines, on mit le vent contribution, et l'on s'en trouva bien. [Illustration: Le pre Kick symbolisait les gnrations des nerlandais dfunts (page 423).] En 1850, on comptait que 30000 hectares de terre, y compris le fameux lac de Harlem, avaient t ainsi repris l'ocan et rendus la culture. La grosse difficult consistait maintenir l'quilibre entre les intrts particuliers de ces polders et les intrts gnraux du systme hydraulique auquel le pays doit son existence. La rpartition des eaux doit suivre une harmonie, sous peine des plus graves dangers. Mais on y obvia par la cration d'coles d'ingnieurs, o l'on forma la petite arme charge de dfendre le territoire contre son ennemie sculaire. S'il est en effet facile d'ouvrir une cluse, de consolider une digue, d'asscher un marais, il faut beaucoup de science et d'observation pour prsider l'harmonieuse rpartition des eaux. Autre croquis. Westkapelle, deux femmes reviennent du _molen_, dont les lucarnes simulent deux gros yeux, au-dessus d'une porte nasale. L'une s'appelle Keetje; elle est marie Jocker, le propritaire du moulin; l'autre est sa belle-soeur, Yande Eserke, dont l'poux s'occupe de culture. Toutes deux s'tonnent que le bateau de Rotterdam n'ait pas encore amen les sacs de grain dont on serait press, si l'on devait tre press de quelque chose.... La culture, quand il y a culture, se rsume aux pommes de terre, choux, carottes et betteraves. Peu de bl, froment ou avoine; un peu de chanvre, et c'est tout. Voil videmment une des raisons pour lesquelles on ne mange pas de pain, et pourquoi l'on se nourrit de farineux, lait et beurre. Les champs labours prsentent un aspect boueux, gras, argileux; aux poques pluvieuses, les charrettes y enfoncent jusqu'au moyeu. Cette terre serait impropre aux semis varis de nos contres plus meubles. La betterave, en Zlande, se cultive sur une vaste tendue. Quand vient l'automne, on voit de tous cts des chariots trans par des chevaux robustes l'amener aux embarcadres par vritables montagnes. Imposantes et magiques, ces montagnes s'lvent vers le ciel, telles une manne pandue soudainement, trie sans trve et dnombre par des groupes peu presss; et leurs redondances coniques, ventrues ou bossues, semblent encore des symboles pour la race qui les pse. Les chalands, seuls transports possibles en ces contres humides, viennent les prendre, afin de les mener aux usines calmes o la vapeur les transforme. Sur les canaux aux mille croisements, ces chalands s'en vont. Tout le jour il en passe, et l'on se demande purilement comment les bateliers peuvent ne jamais se perdre ces carrefours mouvants qui tous se ressemblent.... Mais le vent, qui les guide, ne les trompe point, et ils parviennent sans tracas aux ports viss, o ils troquent leur cargaison soigneusement empile contre des florins trbuchants ou des marchandises d'change. Les chalands qui glissent, avec les moulins qui tournent, forment la seule animation des paysages trop verts. Derrire les berges artificielles, leves pour prserver ceux-ci, leurs mts orns de banderoles s'avancent doucement, et cela est trs curieux de considrer ces btons ou ces voiles, s'en aller ainsi au-dessus des herbes, la faon de grands cierges noirs. Par l'eau tremblante du canal, Tournant leurs coques vers l'aval Muets, les chalands glissent... Les nnuphars se plissent, Des zbrures s'esquissent.... Sur la berge nue, ahuris Des nes tirent, rabougris, D'un pas lent, d'un pas sage, Dans le vert paysage Du chemin de halage. droite, gauche, les polders Indfinis, forment des mers O les seuls signes d'hommes Sont les grands vols de gnomes Des moulins agronomes. Avec leurs bras, presque rageurs, Ils font la nique aux voyageurs, Bondissent en cadence, Retombent en silence, En un rythme de danse.... Et graves, nonchalants, des boeufs Guident les vaches autour d'eux, Allant en robes brunes Sur les ciels des lagunes Tondre l'herbe une une.... Par l'eau tremblante du canal, Les chalands fondent vers l'aval, Suivis des sarabandes De canards qui truandent, Plongent sous les Hollandes.... La Hollande est le pays o l'on entend le moins de bruit. Tout glisse sur l'eau. Il y a des bateaux pour chaque espce de transport; il y en a donc pour les passagers. Ce sont de bons petits vapeurs, munis de cabines et de _roofs_, qui vont sans secousse travers les mandres aquatiques. Quand la traverse est longue, chacun s'tablit comme chez soi, fume avec componction, ou continue ses affaires, de faon _mnager l'toffe dont la vie est faite_. On crit, on mange, on dort. Les femmes cousent, tricotent, se confient des secrets. De tel port tel autre, il y a pour elles la longueur d'un demi-bas, d'un tablier ou d'un rcit intime. On longe des sites un peu monotones, c'est vrai; mais quel repos, quelle batitude, dans le silence gnral, de suivre des yeux la forme des nuages, et de l'oreille le bruissement de l'eau fendue par la proue! C'est la fte des profondeurs, des fluides et des brumes, de la brise, de la lumire et des sillages. La moindre varit prend un relief singulier, et l'on admire un moulin coquet, une ferme rouge, un boeuf paisible, un garon pench, remorquant sa barque, aid de son chien. [Illustration: Wemeldingen: un moulin colossal domine les digues (page 428).] Au printemps, les nnuphars, les iris, piquent de blanc la moire glauque des ondes. Au crpuscule, le soleil des beaux soirs y jette toute la somme de ses rayons, et l'on prend l'illusion de voguer sur de l'or, de la pourpre ou du saphir. Si l'on veut _voir_ la Hollande, il faut monter sur les bateaux, de prfrence aux chemins de fer. Les traverses, les escales, font pntrer au coeur mme de la terre hollandaise et laissent des impressions qui sont la joie des yeux. Ce mode de roulage, du reste, rpond si bien la nature du pays, qu'il semble tre le seul commode. Le plus grand nombre des services excuts ailleurs par charrette, se pratiquent ici au moyen de bateaux. Le jardinier conduit sa barque charge de lgumes, de fruits ou de fleurs, de mme qu'en France on conduit son ne ou sa voiture. Amsterdam, les dmnagements se font par eau. Le lait, les fleurs, le bois, etc., viennent de mme, et tel canal runit le march de l'un, tel canal runit le march de l'autre. Aprs avoir refoul, chass, endigu l'eau, le Hollandais se plat la rpandre partout, la guider travers les tranches, les fosss; il en fait la clture de ses champs, de ses prairies, les barrires qui gardent ses troupeaux, sans qu'il ait besoin de chiens ni de bergers. [Illustration: L'une entonna une chanson (page 422).] Il n'y a d'exception que pour les moutons, quadrupdes un peu sots, qui se noieraient sans le faire exprs, le nez trop occup chercher leur pture. On en rencontre quelquefois le long des canaux, broutant avec ardeur, gards par leur propritaire, vtu d'une houppelande rousse. Wemeldingen, au-dessous de Goes, ce spectacle se retrouve, tmoin ce croquis rapide qui me rappelle une de mes plus hollandaises sensations de Hollande: ciel de soir d'un gris lger, canal jauntre, chaland lent, moulins raides, polder brun, animaux blancs aux croupes molles, vieil homme contemplatif, silence.... Le chien lui-mme, quand une brebis dpasse la limite, n'aboie pas, et se contente de mettre son museau aux pattes de la rfractaire. Wemeldingen est un bourg vieillot, gardien d'cluses, avanc sur le fleuve. J'y parvins par une matine pluvieuse o le ciel furibond avait vid ses cataractes. J'avais quitt Zoutelande pour me rendre Westkapelle o se trouve la fameuse digue qui n'a d'gale que celle du Helder. Cette digue, longue de plusieurs milliers de mtres, forme de pierres normes et de pieux solides, reprsente un travail tonnant, quand l'on songe qu'il n'existe ni carrire ni fort dans la rgion. Un moulin colossal la domine, non loin des maisons aux toits rouges. Tout cela n'a pas d'apparence, c'est--dire ne frappe pas l'esprit au premier abord: la nature se charge en effet d'attnuer cette preuve d'nergie humaine, en comblant les interstices de gazon; mais la nature ne peut empcher la mer de dferler sans trve et de faire songer, quand on se retourne vers la plaine basse, ce qu'elle a d abandonner. De Westkapelle Veere, la route bien pave n'est pas dmesure. Veere, il y a un vieux manoir transform en htel, situ au bord mme du flot. Une tour ronde forme le corps du logis et sert de salle commune, au premier tage. De hautes fentres embrasures profondes permettent de suivre la lutte des brumes contre les nues et des rayons contre les ombres. Au jour tombant, des couleurs subtiles parent le vide impalpable, au milieu duquel des reflets glissent; puis, quand la nuit est venue, des fanaux dansants luisent, se dessinent, approchent, rougeoient, disparaissent, et l'on n'entend ni bruit de rames, ni frlement de voiles, ni chanson de gabier, et l'on imagine des vaisseaux-fantmes, guids par des vieux enferms, cherchant au fil de l'eau les trsors dont on parle. Veere, je pris, le lendemain, le vapeur matinal et je dbarquai Zieriksee, sous une pluie fine, dsesprante, une pluie de Hollande, qui se changea bientt en hallebardes, descendant du firmament par tourbillons indompts. Accroupi sous mon caoutchouc, j'essuyai stoquement la bourrasque, considrant les chariots enfoncs dans les champs marcageux, enlevs par les efforts brusques de reins hippiques, souills de boue grasse. Bref, le ciel se rassrna; j'enfourchai ma machine et je foulai par le pays, l'oeil attentif, la moustache au vent. Je parcourus des kilomtres nombreux, je traversai des ponts guillotine, des remblais, des pturages, des cultures, des villages tous pareils, et je parvins Wemeldingen, au moment o mon estomac criait famine. Wemeldingen a une rue principale, plante d'ormes taills en boule. Guid par les gestes d'une petite fille, j'arrivai l'unique _logement_ de l'endroit. [Illustration: Les moutons broutent avec ardeur le long des canaux.] L'htelier, un grand homme sec, au profil de mdaille, me reut avec amnit. Il prvint sa femme. Celle-ci renona me comprendre, et appela ses filles. Cinq jeunes personnes fraches, rieuses, roses, apparurent et m'entourrent de leurs bras nus, de leurs coiffes aux ailes rondes. Je saisis une feuille de papier et je dessinai un boeuf, puis un pain, une baratte et divers ingrdients, symboles des nourritures que je dsirais absorber. Elles joignirent leurs mains, riant trs fort, et parlrent toutes ensemble en agitant leurs doigts menus, pour m'expliquer des foules de mystres. [Illustration: Famille hollandaise en voyage.] [Illustration: Ah! les moulins; leur nombre droute l'esprit (page 424).] Je tirai mon Lexique. (_Sensation._) --Lief boerin.... Jolies jeunes filles. Elles se trmoussrent. La mre les fit mettre en rang, les compta de l'index, et se frappa le sein. --C'est moi qui leur ai donn la vie. --Mes compliments... Ravissantes... J'ai faim! Elles se prcipitrent. L'une apporta du lait, l'autre du rosbif, une autre du pain, une dernire du fromage. La cinquime, fort jolie, telle Marthe, resta quite, m'aidant me retrouver dans le labyrinthe de mes phrases obscurment nerlandaises. Comme un pacha, je m'attablai, servi par ces houris charmantes, dont la fracheur sereine me reposait. Je dvorais des dents les victuailles, et des yeux leurs joues. En vrit, je ne fus jamais l'objet d'attentions pareilles, mme chez mes pays, o pourtant les jeunes filles sont aimables. Quand je fus rassasi, j'allumai une cigarette, et j'entrepris de tirer la bonne aventure ces jeunesses. Ce fut rjouissant. Penches sur moi, elles me grisaient, et se grisaient peut-tre, d'un fin arme de linge blanc, de teint frais; tandis que, le sourcil en querre, telle la sybille de Cumes, je considrais d'un oeil profond les lignes de leurs paumes. Je voulus ensuite savoir leurs ges. Les mains se levrent; et, comme les marmots qui comptent sur leurs doigts pour faire une addition, elles numrrent les printemps dont elles taient nanties. Je dsirai les entendre chanter une chanson hollandaise. Elles se prirent par la taille, reculrent, jusqu'au fond de la salle, et marchrent vers moi en fredonnant un petit air: _tra la la_.... Puis elle se penchrent tout coup en riant aux clats, et se sauvrent lestement. Le pre, assis entre ses verres et ses plateaux, au comptoir, fumait batement une vieille pipe, et souriait avec malice. --O sont-elles passes?... interrogeai-je en pitre allemand. --L-haut, rpliqua-t-il, en montrant le plafond. --Je voudrais bien les portraiturer. --Attendez-un moment. Au bas de l'escalier, cinq paires de mules noires ornes de perles, attestaient une fuite prcipite. Malgr mon dsir, je n'osai grimper au harem, et je me mis griller du ptun. Un quart d'heure s'coula de la sorte, puis j'entendis derrire la porte des murmures touffs. J'ouvris. Les trois anes se tenaient l, pares de leurs plus beaux atours. --Et les deux autres? Elles hochrent la tte, montrrent leurs coiffures, haussrent les paules, et je crus comprendre qu'une affaire de coquetterie les empchait de descendre. --Nous voil, nous, mimrent-elles. Je les suivis dans le jardin, o il y avait une barrire verte, garnie de roses trmires, le long d'un petit chemin. Le soleil, par intervalles, dchirait les nues lourdes qui chevauchaient par hordes au plein du firmament, clairant d'une lumire soudain jaune le violet des horizons, et les coiffes aux ailes rondes o luisaient des yeux vifs, semblaient devant moi remplir tout l'espace d'un langage minutieux. Les jeunes filles riaient, les mains ballantes. Je les pris tour tour par le petit doigt et les conduisis la porte du clos, et je m'accoudai afin de leur dbiter en vieux franais un compliment subtil, dont elles ne comprirent que le bruit, assez agrable, car il tait dit en vers de Ronsard: Donc, si vous me croyez, mignonnes, Tandis que votre ge fleuronne En sa plus frache nouveaut, Cueillez, cueillez votre jeunesse, Comme cette fleur la vieillesse Fera ternir votre beaut. Puis je fixai le jeu de leur trois minois, gravement satisfaits, et j'allai me promener, aprs avoir mis l'index sur les papillons d'or qui retenaient leurs cheveux. Je poussai le long du grand canal. Les cluses, ouvertes tout instant, laissaient passer des chalands lents, qui hissaient leurs voiles en ciseaux et s'loignaient, encadrs de vert, devant l'cran du ciel instable. De gros nuages s'enfuyaient toujours. Des chariots, prs de l, dversaient des monceaux de betteraves. Un vieil homme gardait des moutons sur la pente des remblais. Du silence toujours,... puis la nuit. Dans la salle de billard, je me revois ensuite, pris par l'ambiance, assis dans un coin, fumant des cigarettes, ayant en face de moi, assises, tricotant avec un bruit sec, deux de mes jeunes filles. Nous nous sourions par moment, le regard aiguis par des mondes de choses inexprimables. Je savoure la blancheur de leurs coiffes ajoures, la fracheur de leur teint, la souplesse de leurs bras nus se dtachant sur le velours des corsages.... Et ce flirt muet, en cette _koffiehuis_ de bourg perdu, parmi la bue des cigares, le choc des billes manies par des joueurs graves, auprs de _glass beer_ colossaux, de chromos fanes, incite encore l'esprit se parer d'illusion. [Illustration: Les chariots enfoncs dans les champs marcageux sont enlevs par de forts chevaux (page 425).] Je pense que je suis l'un des _boers_ attabls cans, et que je viens faire ma cour Reneetje Korstanje, fille de Frans Korstanje, l'htelier de Wemeldingen. Reneetje a eu seize ans la dernire kermesse, et je l'ai remarque parmi les autres, cause de ses yeux vert et or, semblables aux nuances des polders. Je l'ai prie danser, je lui ait fait manger des _baskets_, et j'ai pass son petit doigt un anneau d'argent choisi l'ventaire d'un colporteur. Le lendemain, je suis venu frapper la fentre, et j'ai annonc mes intentions au pre. Les soeurs anes ont t un peu jalouses, car elles attendent avec impatience l'heure de devenir femmes; mais ce sont de bons coeurs, et elles m'ont souri sans malice, tudiant mes manires pour voir comment un galant se comporte. Je possde trois bateaux, et je fais campagne entre Goes et les villes des les, jusqu' Rotterdam. Je passe tous les deux ou trois jours Wemeldingen, et cela sera trs commode, car je trouverai pour m'attendre, une jolie mnagre. La noce doit se clbrer dans un mois; on fera une bombance srieuse; nous aurons des violons, des rubans, du genivre, du boeuf et de la bire noire. [Illustration: La digue de Westkapelle (page 428).] Reneetje tricote toujours. En Hollande, on ne tricote pas comme en France, du bout des doigts. Les travailleuses ont la ceinture un tui en bois cisel; elles y adaptent une aiguille, et la laine se transforme en mailles avec une rapidit dconcertante, accompagne d'un ronflement continu.... Reneetje tricote. J'esquisse son portrait. Elle s'arrte par moment, pour reposer ses phalanges, et regarde candidement, sans hardiesse ni timidit, le Monsieur franais dont la barbe l'impressionne. L'ane, une belle blonde, survient, et me fait signe de la suivre. Elle me conduit une salle, et me montre la table o s'alignent cinq plats de porcelaine couvercles, du lait, du th et du beurre. Je soulve en tremblant ces couvercles trompeurs, et je dfaille l'odeur parfume qu'exhalent les douceurs confectionnes mon intention. Mais il faut tre brave, car, tout instant, la porte s'entrouvre, et l'un des cinq minois vient jeter un coup d'oeil sur mes oprations. Je me sens environn de regards.... Srement qu'aux serrures, la fentre, ils luisent, pour me forcer avaler ces choses-l. Je cherche me rsigner, mais je suffoque et je me contente de manger le bifteck, la bouillie et le pain, dont le got est rationnel. La soire s'coule pesamment. Un jeune instituteur, sachant des bribes de franais, d'anglais et d'allemand, m'a entretenu de ses projets d'avenir, de sa libre pense et de sa famille. onze heures, les clients se lvent et sortent. Seul, un petit vieux tout rond, dont j'avais remarqu l'entrain au billard, demeure assis, ronflant sereinement. L'aubergiste le secoue; peine perdue. On lui crie l'oreille; il ne bouge pas. On le met debout; il ouvre des paupires molles, et manque de s'crouler. On le dirige vers la porte; mais il fait trois pas et s'tale sur le plancher, comme frapp de mort. Son crne blanc, orn de mches jaunes, heurte le parquet brutalement, et il demeure raide, retomb dans le sommeil.... Les cinq _boerin_ s'effraient sincrement, et joignent les mains. Le pre, ennuy cause de la police, inonde d'eau le visage ple du pochard, tandis que la mre me confie des histoires certainement intressantes, mais dont je ne saisis pas le moindre sens. Bref, l'htelier prend un parti hroque: il saisit les jambes du vieux, et me montre la tte. Nous le hissons sur le billard, o il continue dormir avec dlices, ainsi qu'en un lit de plume. Dehors, la pluie tombe, tombe, plic, ploc, plac, avec un bruit doux. Un coup bref rsonne la porte. Une voix prononce une demande. On ouvre. Un jeune _boer_, vtu du chapeau rond, de la veste aux agrafes de mtal, entre. L'ane des filles se dtourne en rougissant. Il regarde son oncle, car c'est le neveu, parat-il, qui vient ainsi chercher l'ivrogne deux soirs sur trois; il hoche la tte avec commisration, le charge sur ses paules et s'en va accompagn d'un rai de lumire qui sort de la _koffiehuis_, s'allonge sur la route, sous les ormes taills en boule, vers l'ombre, vers l'eau, vers la mer, vers l'inconnu, vers les tnbres. Et chacun, silencieux, coute un temps les pas de l'_Ange Gardien_ qui emporte, comme un mort, le vieillard, prochain trpass. Le lendemain, aprs une ample distribution de poignes de main toute la maisonne, allg de quelques florins, je montais sur le premier vapeur de passage, et je voguais sur les canaux serpentins, entre des bordures de moulins, de pturages et de digues, vers le Noord-Holland. Ce vapeur, en vrit, avait un air familial ravir, et je sentis, en mettant le pied sur le roof, que j'allais pouvoir y dormir ma guise sans crainte d'interruption. Le capitaine, sentencieux et sec, m'invita, pour viter la brise frachissante, descendre la cabine. Sa femme, jeune blonde aux yeux bleus, qui des boucles frises, un petit tablier ros donnaient une allure enfantine, y tait assise, caressant un chat minuscule. Elle se leva sur un signe de son mari, elle entra dans une exigu cuisine dissimule derrire un panneau, apporta des rafrachissements, et, tandis que la fume des cigarettes mettait ses prunelles candides un bleu plus attnu, vaporeux comme l'me de sa race, je me laissai aller mollement au va-et-vient du bateau. Sur le soir, au moment o les fanaux s'allumaient, des docks apparurent, ainsi que des ponts, des mts enchevtrs; des carillons sonnrent; glissant comme une libellule au pied de choses gantes, le petit vapeur salua Rotterdam de sa sirne indolente.... (_ suivre._) Lud. Georges HAMN. [Illustration: Les cluses ouvertes.] Droits de traduction et de reproduction rservs. TOME XI, NOUVELLE SRIE.--37e LIV. N 37.--16 Septembre 1905. [Illustration: Les petits garons rdent par bandes grand bruit de sabots sonores.... (page 434.)] CROQUIS HOLLANDAIS[2] [Note 2: Suite. Voyez pages 409 et 421.] Par M. LUD. GEORGES HAMN. _Photographies de l'auteur._ IV. -- Le pcheur hollandais. -- Volendam. -- La lessive. -- Les marmots. -- Les canards. -- La pche au hareng. -- Le fils du pcheur. -- Une le singulire: Marken. -- Au milieu des eaux. -- Les maisons. -- Les moeurs. -- Les jeunes filles. -- Perspective. -- La tourbe et les tourbires. -- Produit national. -- Les tourbires hautes et basses. -- Houille locale. [Illustration: Jeune mre Marken.] Quand on veut voir des pcheurs, ce n'est point en Zlande, malgr le mouvement de Vlissingen, qu'il faut s'attarder. Prendre le bateau, faire escale Kortgene, Stavenisse, Zierikzee, passer Rotterdam, la Haye, Harlem, Amsterdam, et s'en aller tout doucement Volendam, sur les bords du Zuiderzee, c'est la bonne manire. Volendam est situ 16 kilomtres d'Amsterdam, par la route. C'est un rendez-vous de peintres de tous pays, qui se sont empars de ce petit port, et en ont fait un de leurs fiefs de productions. Costumes, gens et maisons s'accordent du reste pour flatter un oeil d'artiste, pris de pittoresque. Les logis, construits la dbandade, le long de la jete, contournent des lacs, des mers infrieures, des canaux, des mares, des ruisseaux, sur lesquels ils assoient leurs pilotis. Par l'eau grasse, appesantie de dtritus, d'excrments, de dchets varis, des canards bruyants, impudents et rapaces, plongent avec dlices, voguent et s'brouent, peine drangs par les pirogues qui mnent au bourg prochain les ngociants locaux. Au del, l'horizon gris, plat, brumeux, s'orne de moulins aux croix agiles, et de rubans d'argent qui sont des affluents. Aux jours de lessive, des linges et vtements multicolores flottent partout, drapent les maisons, ornent les bordures de pieux, se gonflent avec des frissonnements de drapeaux. Volendam n'est vraiment complet que par un ciel orageux, en un jour de lessive. Tout le monde est dehors. l'encontre des villes terriennes, o l'on ne sort que par ncessit, on flne ici avec bonheur, l'instar de tous les ports de pche; on mne, entre deux embarquements, la bonne vie quite, chre aux rentiers solides; on s'assoit en rond; on sabote, les talons veules, ramen par la cloche du magasin des cries sonnant le ralliement. Vtu d'un pantalon dmesur, d'une veste, d'un foulard et d'une toque de fourrure, le pcheur de Volendam a une allure personnelle qu'on ne saurait dcrire. Il tient du Russe, du Lapon et du Mongol, et se montre hollandais par les mille dtails de ses attitudes, de ses gestes, de ses paroles. En dehors des moments o il croise dans le golfe, promenant ses filets sur les vagues peu mchantes, ses occupations sont peu varies. Sa lenteur est une habitude. Il flne, et c'est tout dire. Il n'a point, comme en d'autres contres, de menus soucis de jardinage, de rcolte ou d'industrie, et la femme sufft aux soins mnagers. Il flne donc, tout en prparant sans hte ses appts ou ses carrelets; il s'accroupit au soleil avec des amis, pour fumer batement, semblant peser de tout son poids massif sur ces jetes de briques et ces quais de bois poss entirement sur la mer par des anctres disparus. Il agit pourtant, mais avec calme, et gote voluptueusement le repos des heures mortes. Ce croquis le symbolise: Sur un fond de barques amarres et de remous onduleux, o se refltent des nuages coureurs, Frans, tendu la proue de son bateau, se laisse balancer mollement, ainsi qu'en un berceau, attendant qu'on lui apporte des paniers pour dcharger le poisson couleur d'argent qui scintille au fond des cales.... Les mains dans ses poches, la pipe aux lvres, il est vraiment bien assis, et l'on ne sait pas quand finira cette batitude. Quelques marins cependant, en trs petit nombre, se montrent plus guillerets, se font envoyer des lgumes et des denres de la ville prochaine, et promnent tranquillement des voitures bras, charges de ces choses, pour approvisionner les mnagres.... Les enfants rdent par bandes, grand bruit de sabots sonores, mais sans cris, comme en Zlande. Les petites filles sont coiffes du casque en dentelle, forme de salade renverse; les petits garons, de mme que leurs pres, ont la large culotte, la veste trique et le bonnet de loutre. Ici, c'est le rgal des yeux. Quand ils s'enfilent par bandes sur les planches des jetes, ou trottent gaillardement, leurs figures rondes panouies de contentement, on se trouve, ma foi! fort intress, et l'on ressent un dsir aigu de les emporter avec soi, les marmots de Volendam, pour les montrer au pays, ainsi que bibelots rares. [Illustration: Volendam, sur les bords du Zuiderzee, est le rendez-vous des peintres de tous les pays.] Il y a des couples ravissants, tout pareils aux personnages de vieux tableaux, qui amnent le sourire, tant ils respirent la bonne humeur, la sant et le calme. Les femmes s'agitent beaucoup, Volendam, comparativement aux autres lieux. Elles sont moins claquemures en leurs logis, et se livrent davantage aux mouvements extrieurs. Les unes lavent leur linge domestique dans l'eau marine, au bord des bateaux rangs par hordes; d'autres les tendent sur les poteaux disponibles, cependant que le vent souffle. l'encontre de nos femmes de pcheurs qui baguenaudent durant des heures, le tricot aux doigts, celles-ci cependant ne sortent que par besoin. O iraient-elles baguenauder?... De tous les cts, il n'y a que de l'eau, des mares et des ruisseaux. part la jete, les deux routes de Edam et Monnekendam, tout n'est que lagune, cloaque ou marcage. [Illustration: Avec leurs figures rondes, panouies de contentement, les petites filles de Volendam font plaisir voir....] Les canards, parqus par milliers en des enclos de bois, assourdissent de leurs cris saccads, et la vie locale se concentre sur le mle, o les hommes dambulent autour du btiment des cries. Sont-ce donc l les descendants des fameux marins nerlandais qui remplirent jadis le monde de leurs exploits, lorsqu'ils se dclaraient les _balais de la mer_, et qu'ils rsistaient aux flottes de France et d'Albion?... Mon Dieu! oui, ce sont eux, et leur apathie apparente cache sans doute une force de rsistance tonnante. N'est-ce pas par eux que la Nerlande s'est forme, a grandi, a vcu?... Ce pays plat, humide, manquait de bl, de pierre, de bois; ils lui ont procur ces choses ncessaires son existence par l'change de butins maritimes. Ils ont joui de la mer et de ses richesses et _en jouissent_, la faon d'un vaste grenier rempli de rserves. Selon la nature des poissons qui frquentent les parages de chaque port, la pche se divise en plusieurs branches. Le hareng, toutefois, par son abondance et par son renom pass, semble bien tre, avec la tourbe et la tulipe, un produit national. Les Hollandais distinguent trois espces de harengs: le hareng _pec_ ou _caqu_ (caquer un hareng, c'est l'ouvrir avec un couteau et l'taler par couches dans des barils sur du sel); le _steur haring_, pch sur les ctes d'Angleterre en automne; le _pan haring_, hareng frais qu'on pche dans le Zuiderzee, et qui sert de nourriture aux classes pauvres. Cette dernire catgorie est la plus intressante, car elle est la grande ressource des pcheurs de Volendam, des autres ports du littoral, des habitants des les d'Urk et de Marken. Le port de Flessingue s'occupa le premier de la pche au hareng dans les vieux temps passs, aux environs du XIIe sicle. En 1380, un homme de la Zlande, nomm Guillaume Benkelozoon, inventa l'art de prparer et de conserver le hareng dans le sel, donnant ainsi une impulsion considrable l'industrie locale; cette dcouverte fut le point de dpart du dveloppement de la richesse publique, et permit la nation batave de payer les normes impts ncessits par l'entretien des travaux instaurs contre la mer. Hoorn, en 1416, enfin, se fabriqua le premier grand filet, dont l'utilit s'ajouta celle des salaisons pour dvelopper l'infini le rendement des flots. Ces filets, vritables perviers marins, font songer malgr soi aux milliards de poissons dvors depuis cinq sicles par les nations voisines, et l'on comprend comment la Hollande, malgr la pauvret de son sol, a pu devenir un pays riche, solide et serein. L'emballement pour la pche au hareng subit alors une progression dmesure. Des historiens en pleurent d'aise et donnent des statistiques merveilleuses, d'aprs lesquelles il rsulterait que la population entire s'occupa de prendre, saler et vendre du hareng.... Des dits intitulaient cette manne _le Prou de la Rpublique Batave_.... Des primes d'encouragement enfin, fort leves, taient donnes la Confrrie des Pcheurs de Hareng, au dtriment des autres branches de la pche. Nul autre que le Hollandais de naissance ne pouvait s'occuper du travail du caquage.... Bref, des rglements minutieux protgeaient de toutes faons cette trop intressante industrie. Le hareng nerlandais dfia ainsi pendant longtemps les concurrences trangres, et fit plus pour la grandeur du pays que les meilleurs canons. Vinrent les guerres de l'Empire. La Grande-Bretagne, toujours l'afft des bons dbouchs commerciaux, proclama la libert des pcheries, dtruisit le systme des primes et porta ainsi, en vendant le hareng moins cher, un coup funeste aux _buizen_ de Hollande. Immobiliss dans leur opulence, ceux-ci n'eurent point l'esprit de suivre le mouvement, et virent peu peu s'teindre leurs dbouchs. Les affaires baissrent mme si bien, que le Gouvernement dut son tour abolir les primes. Aujourd'hui la pche au hareng n'a plus d'importance nationale, et si elle est encore pour le pcheur une source honnte de revenus, elle ne fait plus le sujet des proccupations gnrales. Le vrai pcheur de hareng passe terre le moins de temps possible. La mer pour lui est tout, sa fiance, son pouse, son berceau. Muni de sa bible et de sa pipe, il irait au bout du monde, et dcouvrirait des terres nouvelles, s'il en existait encore de nouvelles. On parle avec orgueil, Volendam, d'un patron, Hans Ouderke, qui on avait dit un jour dans une salle de billard: Il faut que tu ailles aux Indes. Le brave homme quipa son dogger les jours suivants et y alla.... Une autre fois, il trouva la route de Californie, sans autre indication que sa boussole. Quand le pcheur ne rentre pas au logis, on le considre comme perdu, et sa femme peut, aprs trois annes rvolues, convoler en nouvelles noces. Autrefois, la loi ordonnait un intervalle de dix annes; comme les moeurs en souffraient, on adoucit la convention. Le fils du pcheur devient pcheur. Ds l'ge de quinze ans, il connat fond le mtier de tirer des bordes, de hisser la voile et d'agiter le gouvernail. [Illustration: Aux jours de lessive, les linges multicolores flottent partout (page 433).] Trs indpendant, trs religieux, trs attach ses coutumes, il suit l'exemple de son pre, qui lui-mme imita le sien. En mer, il ne boit jamais; terre, il boit relativement peu, sauf aux jours de kermesse, qui sont de vritables orgies animales. En ces jours, les aubergistes enlvent les meubles de leurs salles, et ne laissent qu'une table, des chaises et des brocs. Jour et nuit, vautr en une torpeur inquitante, secou de crises actives durant lesquelles il danse avec frnsie, le marin s'absorbe un peu trop dans l'ivresse et le sommeil. Il se marie jeune. La pche des ctes comprend la chasse au poisson frais de diverses sortes, et celle du hareng destin tre fum. Cette pche est faite par des barques appeles _flibots_, analogues celles de nos sardiniers. Un flibot ordinaire cote de trois cinq mille florins. Il appartient soit un patron, soit un armateur. L'quipage reoit un grand filet et des cordages; il doit se procurer le reste, et pourvoir son ravitaillement. Les frais de rparation du navire se partagent galement: ce qui est au-dessus du _klamp_, c'est--dire hors de l'eau, concerne l'quipage, et la partie submerge l'armateur ou patron..., en vertu de ce principe que la premire se dtriore par ngligence, et que la seconde s'use naturellement. La voilure est paye par le propritaire. [Illustration: Les jeunes filles de Volendam sont coiffes du casque en dentelle, forme de salade renverse (page 434).] La pche au poisson frais ne ncessite que des excursions assez courtes. Aussitt de retour, les matelots dbarquent leur butin et le vendent sur la grve mme, aux marchands de la rgion, ou le portent la crie, s'il en existe une. Le poisson est ensuite dirig sur les villes voisines dans des voitures atteles de chiens robustes qui font leur service avec un entrain remarquable. (Cet entrain nous a fait plus d'une fois sourire de la sensiblerie de nos compatriotes qui dfendent d'utiliser ces braves toutous.) La pche au poisson frais cesse la fin des beaux jours et fait place celle du hareng jusqu'en dcembre. Ensuite, c'est le chmage forc; et, comme le pcheur est rarement ais, il s'ensuit des misres profondes que les Autorits sont obliges de secourir. Le Zuiderzee, comme l'on sait, forme un vritable bassin de la mer du Nord. La masse de ses eaux occupe un espace de 54 lieues carres, et s'avance sur les provinces de la Frise, de la Gueldre, d'Utrecht et du Noord-Holland, qu'elles divisrent jadis par de terribles coups de ressac, jetant sur toutes les ctes la mort et la destruction. Au large, les les d'Urk et de Marken forment les derniers vestiges des terrains engloutis. Marken, la plus grande, est situe en face de la ville de Monnekendam. En une heure, avec un bon vent, une barque y conduit. Cette heure met des sicles entre les habitants de l'le et ceux du continent. La diffrence des costumes et des moeurs est mme si grande, si peu de distance, qu'on a expliqu diversement son origine. Certains soutiennent que les indignes sont les descendants des _Marsatti_ dont Pline et Tacite font mention. Ils occupaient alors un coin de terre prs du lac Flevo. Un raz de mare spara ce coin de la Grande Terre, la fin du XIIIe sicle. La sparation, d'abord, n'avait qu'une largeur insignifiante, un simple pont de bois suffisait la franchir; mais peu peu l'embrun mangea d'autres terres, des champs, des polders, et les paysans durent, pour vivre, devenir pcheurs.... Je pris le bateau pour cette le vers cinq heures du soir, la jete de Monnekendam. Deux jeunes garons vtus, la mode de nos Bretons, de culottes bouffantes s'arrtant aux genoux, de vestes de coutil et de chapeaux ronds, chargeaient de menues denres. Ces jeunes garons, la vrit, se sont institus, avec leur pre, patrons passeurs, et font un service quotidien rgulier entre l'le et le continent. Avec une agilit surprenante pour des Hollandais, ils excutrent les diffrentes manoeuvres d'appareillage, hissrent la grande voile brune, assujettirent les cordages; le bateau oscilla, s'inclina vers l'ouest, et s'en alla vers le large. L'an des matelots avait pris la barre, et se tenait droit, considrant la ville qui fuyait, en son dcor roux. Une brume rampait sur l'eau, signe de crpuscule prochain; le carillon du beffroi chantait l'heure en sons clairs, assourdis par le clapotis des vagues fendues par la proue, et ce moment, quasi solennel, avait un je ne sais quoi de mystrieux, comme si nous nous en allions vers une terre inconnue. Peu peu, nous ne fmes plus entours que d'eau et de brumes. L'un des garons sifflait une mlodie. Les cordes du mt grinaient sous la brise frachissante..., puis des ombres apparurent, d'abord imprcises: c'taient des pignons et d'autres mts sortant de la mer, sans rocher ni dune, comme un radeau trs long, demi submerg, Marken, tout simplement. Le bateau stoppa le long de la cale et s'amarra. Je sautai terre. Il y avait l deux ou trois hommes vtus comme mes pilotes, et des jeunes filles aux longues tresses libres, accoudes un parapet. Un grand silence enveloppait ce petit port perdu au milieu des tendues mouvantes. Certainement je devais y jeter une note fcheuse par mon allure peu en harmonie avec ces logis de bois construits sur pilotis, ces personnages particuliers. Les filles me regardaient. Dans l'ombre du soir venant, leurs yeux aux longs cils, entre les boucles retombantes de leurs cheveux, avaient des profondeurs d'ocan; et quand elles inclinaient la tte gravement, mon passage, je pouvais croire avoir devant moi des desses nautiques, tant chantes par les bardes. Je me htai de dposer mon mince bagage l'unique _logement_, et je pris les venelles paves de briques qui conduisent aux sept bourgades, tertres artificiels, forms d'argile et de tourbe, o se dressent les maisons des habitants. La mer, comme il arrive souvent, avait inond, la veille, les maigres pturages sems de canelets, qui entourent ces tertres, entre les digues, de sorte que je marchais au milieu de l'eau et que les maisons sortaient rellement de l'eau, sans aucun horizon de terre. De grandes herbes, en quelques endroits, abritaient des canards jacassants, frissonnaient sous le vent, augmentant la mlancolie intense de ce paysage. [Illustration: Deux pcheurs accroupis au soleil, Volendam (page 434).] J'errai ainsi pendant une heure, jusqu' la nuit, me remplissant les yeux de ces mille sensations impossibles rendre, formes d'imprvu, d'inconnu, de colorations nuances..., salu toujours par ces femmes aux regards profonds, qui parlaient sans parole..., puis je rentrai l'auberge, o une servante joviale, norme et bigarre, me servit un dner robuste. Le lendemain, l'eau s'tait retire et je pus observer l'le, puisque c'est une le, sous son aspect gnral. Le port est la partie la plus solide de Marken. Construit de toutes pices avec de la pierre et du bois, il abrite une centaine de bateaux arms pour la pche. Les maisons goudronnes couvertes de tuiles, sont construites en planches et posent leurs fondements sur un lit de tourbe. Les intrieurs sont renomms: la propret la plus minutieuse agrmente les moindres recoins, donne aux faences peintes un air hospitalier, et pare de reflets pareils aux miroirs les cuivres des bassines. C'est l'orgueil de chaque famille, et je voyais tout instant des jeunes filles m'appelant du doigt pour admirer la belle ordonnance de leurs logis. Ces signes, accompagns de sourires, n'taient, hlas! que des demandes dguises d'argent, et je dus borner mes visites, sous peine d'y laisser mon pcule. [Illustration: Une lessive consciencieuse.] La plupart des maisons n'ont qu'une seule pice o l'on dort, cuisine et travaille; beaucoup n'ont pas de plafond, et communiquent avec le grenier directement. Quelques-unes non plus n'ont pas de chemine; devant la fentre principale, s'lve une plaque de pierre ou de fer, entoure d'une range de briques; une ouverture perce dans le toit laisse passer la fume qui se rpand dans le grenier, sche les filets et les provisions. Des plats et des vases en vieille faence ornent le moindre logis. Ce got des cristaux, des rideaux et des couvertures de lit ramages est un trait particulier du caractre hollandais et s'panouit Marken, mettant en relief la mdiocrit des existences. Le sol de l'le est une argile assez fconde. Il produit du foin et des joncs dont les habitants exportent une grande quantit. Le foin est vendu et sert en partie nourrir les quelques vaches locales. Enfin, comme les puits ne produisent qu'une eau saumtre, les habitants sont obligs d'user d'eau pluviale pour abreuver leurs btes et prparer leurs aliments. Ils sont du reste fort peu avancs en science conomique. Ils vivent de la pche et passent le reste du temps des travaux insignifiants, intressants pour eux seuls. Ils n'ont point de commerce: pommes de terre, lgumes, picerie, tourbe, boisson, tout leur est apport de Monnekendam, de Hoorn ou d'Amsterdam. Les habitants de Marken ne se marient qu'entre eux. On raconte qu'autrefois, manquant de femmes, ils armrent leurs bateaux et firent une razzia de filles du ct de Edam; mais l'histoire ne peut tre affirme. On se marie d'habitude entre vingt-quatre et vingt-huit ans, en accordant surtout les ges et les inclinations. [Illustration: Il y a des couples d'enfants ravissants, d'un type expressif.... (page 434).] Les filles, en gnral, sont lourdes et vulgaires; mais on trouve des adolescentes d'un type expressif qui font oublier les autres par leur grce demi-sauvage. Elles ne sont point timides et rient volontiers. Dans mes promenades, je fus plus d'une fois entour de leurs personnes bigarres; elles m'acculaient quelque paroi, me frlaient de leurs boucles en tendant les bras pour me retenir, et me murmuraient des questions sans doute saugrenues, car elles montraient leurs dents, pleines de ravissement. Je leur rpondais en anglais, en allemand, en arabe, et je pinais leurs coudes. Ayant pris une fois le menton d'une jolie fille, deux autres tonnes crirent et ameutrent des mres de famille. Je l'embrassai rapidement, par surprise. Jamais je n'ai entendu pareils glapissements. Elles m'entouraient, brandissaient leurs bras nus, les mches au vent, la jupe gonfle, et prenaient sans doute le ciel tmoin de ma tmrit. L'embrasse, surtout, roulait des pupilles fulgurantes: elle devait demander au Seigneur un chtiment exemplaire, un clat de foudre peut-tre, ou un enlizement. Je montai en consquence sur un baril et je les haranguai: --Femmes de Marken, criai-je, je suis venu cans vous demander l'hospitalit. Ma qualit d'tranger me donne donc le droit de goter vos fruits et surtout aux pches de vos joues.... Je rclame le silence et vous promets de vous faire des cadeaux.... Zim boum boum! --Zim boum boum, rptrent les jeunesses enthousiasmes, sans comprendre un seul mot. Comme elles m'empchaient toujours de passer, je crus comprendre qu'elles attendaient le _Droit de Passage_. Je brandis mon dtective, la faon d'un tomahaw, je poussai un cri et je sautai sur la digue. L, je braquai l'instrument et la foule se sauva comme harengs poursuivis par les _buizen_, laissant mes trois jeunes personnes ma volont, figes en des poses raides. [Illustration: Les femmes de Volendam sont moins claquemures en leur logis... (page 434).] --Je vois, jeunes filles, continuai-je (quel dlice de pouvoir parler sans se faire comprendre!!!), que mes offres gnreuses ont t reues avec honneur. Tournez donc l'oeil vers moi, et me baillez des sourires. Quand j'eus remu des _stuivers_ en ma poche, elles dressrent l'oreille, et m'accompagnrent au soleil o je fixai pour l'avenir leurs traits singuliers. Aprs quoi, je mis une poigne de cents dans leurs mains, et elles s'clipsrent enchantes. Les petites filles sont parfois charmantes. Lorsqu'elles vont l'cole avec les garons, droulant leur thorie multicolore sur le vert des polders, bras dessus, bras dessous, on se sent rempli de plaisir, ainsi que devant un tableau plein de fraches couleurs et de visages gracieux. Certaines, au lieu de jupes, portent les larges culottes de leurs frres, ce qui leur donne une allure baroque. Les jours de noces, de fianailles ou de kermesse, c'est une dbauche de couleurs dont rien n'approche. Toute la gamme des botes d'aquarelle s'panouit sur les robes, les bonnets brods, et l'on cligne des yeux sans savoir o les reposer. Mais ces jours sont l'exception. D'habitude, l'le est assez morne, et la vie s'y coule en de menus travaux, toujours pareils. Les hommes pchent ou bien halent des bachots remplis de provisions ou de tourbe, rparent des filets, repeignent leurs murs; les femmes nettoient les logis, lavent le linge, promnent leurs marmots, aident au dchargement des bateaux. Le long des canaux, on les voit souvent se promener gravement, assises en des barques, d'o elles sortent pour soulever les ponts chevilles qui barrent le courant aux nombreux carrefours. En hiver, la moiti de l'le est submerge, et c'est en bateau que les habitants communiquent entre eux, abordent l'glise, l'cole, le cimetire, le tertre le plus lev de l'le. On se demande cet gard pourquoi les digues sont si basses; en les levant, on viterait ces fcheuses inondations. Mais les hommes comptents dclarent que le terrain, peu solide, ne supporterait pas un poids plus considrable. L'habitude est une seconde nature. Dire aux gens de Marken qu'ils sont mal installs serait peine perdue: ils s'y trouvent bien, et c'est tant mieux. Sous l'afflux des touristes qui, depuis trois ans, envahissent leurs bourgades, en t, ils commencent mme se considrer comme des curiosits extraordinaires et poursuivent peut-tre le rve chimrique d'tre entretenus, nourris et blanchis par les deniers des trangers. Ils vendent dj leurs costumes et ne tarderont pas les remplacer par des chapeaux et des pantalons modernes... L'le de Marken, aprs tout, conservera toujours sa situation peu encombrante, par rapport au continent, ses maisons assises dans l'eau sale, ses venelles paves s'en allant sous la brume vers la brume, son tertre nourri de morts et ses quatre animaux cornes, vautrs dans des pturages spongieux... moins que, par un jour pareil celui o la mer en colre dvora la Grande Terre, elle ne sombre son tour au milieu d'une bourrasque par mille mtres au fond du Zuiderzee. Cette fin, en somme, serait pour un lieu exil du Pass parmi les Modernes une conclusion naturelle et convenable; et l'on aurait enfin, peut-tre, l'explication de cette attirance singulire que renferment les yeux des filles de Marken, le soir, quand elles inclinent la tte en levant le doigt, ainsi que les fantmes d'un monde termin, sortis un moment de leurs tombeaux pour venir vous saluer.... Le Hollandais, incontestablement, est moins imaginatif que le Franais. Raliste dans le sens du mot, il value et ne rve point. Aussi, dans la tourbe qu'il extrait journellement de l'eau, il ne se dit point qu'il relve les restes de ses parents et amis, afin de leur reprendre la chaleur qu'ils avaient de leur vivant; il voit l un combustible intressant; il s'en sert et il a raison, de mme qu' rencontre de notre sensiblerie parfois draisonnable, il utilise ses chiens de pratiques charrois. Parler de la Hollande sans parler de la tourbe, serait enlever au pays l'un de ses caractres les plus curieux. Gologiquement, le sol est assez pauvre; il ne contient ni houille, ni fer, ni minerai d'autre sorte. Les forts sont peu nombreuses et l'on dut, pour construire les digues et les maisons, recourir aux pins de Norvge et aux arbres d'Allemagne, amens par le Rhin. Pour se chauffer, il ne fallait point songer s'approvisionner ainsi; la ruine s'en serait suivie. On utilisa la tourbe. La tourbe est une sorte de terre molle, noirtre, que l'on trouve sous des couches d'argile ou de sable, soit en creusant des canaux, soit en construisant des logis. En certains endroits, elle se rvle par la nature inconsistante du sol. La terre lastique, comme gonfle d'eau, cde sous le pied, puis se relve aussitt. Les habitants disent alors: Voil une terre qui sent. [Illustration: Vtu d'un pantalon dmesur, le pcheur de Volendam a une allure personnelle (page 434).] L'extraction de la tourbe est un art connu depuis les temps les plus reculs. Pline et Tacite en parlent, l'un en soupirant de voir un peuple rduit brler sa propre terre, l'autre avec admiration pour cette sagacit. La tourbe fournit du travail des milliers d'individus. C'est un combustible assez maigre, il faut l'avouer, triste et encombrant; il blanchit plutt qu'il ne flambe, en produisant une paisse fume. On la trouve un peu partout en Hollande. Il suffit de creuser un peu pour la dcouvrir. Quand le propritaire d'une lande a rsolu de convertir son champ en un atelier d'exploitation, il fait creuser des tranches parallles, afin de dlivrer la terre de l'eau dont elle est imprgne. Ces tranches, d'abord superficielles, deviennent de plus en plus profondes, jusqu' l'puisement. Il faut de six huit ans pour obtenir l'puisement et diriger ces eaux, au moyen de fosss et d'cluses, vers le canal prochain. On attaque ensuite la tourbe avec des bches spciales; on la coupe par mottes qu'on met scher comme des briques, les unes sur les autres, en les tournant selon le vent. Il n'est pas rare de trouver au fond des tourbires des arbres fort bien conservs, restes d'anciennes forts, dtruites par les inondations ou les raz de mare. On les emploie suivant leur valeur, le plus souvent des besoins de chauffage ou de fondations. Les couches de terre qui servaient de couverture la tourbe sont ramenes, herses, et deviennent la base de la terre labourable sur laquelle on smera des pommes de terre ou du bl. Ceci se passe dans les tourbires _hautes_. Dans les tourbires _basses_, on va plus vite et l'on ne se donne point la peine de drainer l'eau. On attaque directement le sol. Une fois l'herbe et l'argile enleves, c'est--dire aprs avoir relev deux trois pieds d'paisseur de terre arable, on met nu la couche de tourbe sature d'eau, sorte de bouillie grasse. Les ouvriers, munis de grosses bottes, enlvent alors le futur combustible, vue de nez, sans voir ce qu'ils font, grce l'habitude. Ils piquent les glbes et les jettent dans des barques grossires. La tourbe est alors d'une couleur brune, mle de racines et de branches pourries. Dcharge dans des auges de bois, elle est mle et travaille, crase au moyen de pilons, dbarrasse des pierres et racines, triture comme pte de farine et jete en meule sur un lit de roseaux. Quand elle commence scher, on la divise par mottes, et on la met en pyramides. [Illustration: Un commencement d'idylle Marken.] Trois mois sont ncessaires environ pour la dessiccation complte. La tourbe est alors charge sur des chalands et conduite aux marchs divers o elle trouve acqureurs. La qualit des tourbes varie singulirement. Il y en a de plus ou moins riches en matires ligneuses, de poreuses et de compactes, de lourdes et de lgres. Les mnagres reconnaissent rapidement la couleur et la forme les proprits de ce combustible. Il y a une varit pour la cuisine, une autre pour les foyers, une troisime pour les fabriques. En gnral, on prfre le produit des tourbires basses celui des tourbires hautes. Les boulangers cuisent leur pain avec des glbes peu denses qui prennent aisment feu. La tourbe sert encore alimenter des fours chaux, des brasseries, des tuileries, etc. Compare la houille, la tourbe perd moiti en tant que matire calorifique; mais, toutes proportions gardes, elle cote moins cher. Son principal dfaut est son volume encombrant. Elle occupe trois ou quatre fois plus d'espace que la houille. On a cherch la comprimer et on y a russi; mais le jeu, comme l'on dit, ne valait point la chandelle: les frais dpassaient la valeur de la marchandise, sans lui donner plus de qualits. Pour les steamers et les grosses industries, on dut donc l'abandonner au profit du charbon. Quoi qu'il en soit, la tourbe a t pendant des sicles le presque unique moyen de chauffage des habitants. Le charbon de tourbe donna mme naissance l'habitude toute nationale du _chauffe-pieds_. Pendant l'hiver, les dames hollandaises, dans leur appartement ou au temple, ont sous leurs robes des _stoven_ (chaufferettes), ce qui, dit-on, contribue jaunir le teint de certaines. Ceux qui avancent cette chose sont des gens srieux, bien assis en leurs chaises de rotin ou leurs fauteuils de paille, ayant aux lvres une pipe confortable, leur porte, un glass beer avec triple faux-col de mousse. Ils n'avanceraient certainement pas une chose pareille s'ils ne s'en taient absolument convaincus la suite de remarques progressives et intimes, accumules avec componction, et l'on serait mal venu de se montrer sceptique en telle conjoncture. La fume de tourbe fait jaunir le teint des dames hollandaises, de mme que la fume de bois sec donne aux jambons cette surface brune si apprcie des gourmets. Ce n'est donc point pour diminuer leur rputation, au contraire. Les cendres, en outre, servent d'engrais; la suie nettoie le fer et l'tain; la fume conserve les viandes sales et les harengs, forme du noir animal, de l'encre ou du vernis; enfin elle assoit les fondements des maisons. Pour cela, on pose les briques et autres maonneries sur une premire construction de morceaux de terre combustible disposs en forme de pyramide. Cette tourbe se gonfle sous l'eau et compose ainsi une base inbranlable que l'humidit ne dtruit plus. Aprs des sicles, lorsque la maison est tombe de vieillesse, on retrouve la substance tourbeuse aussi bien conserve que le premier jour, et encore propre au chauffage. Il rsulte, en somme, que la tourbe est le produit de l'volution lente de vgtaux accumuls, joncs, roseaux et mousses, morts, entasss les uns sur les autres, et dsagrgs par l'humidit. Les provinces qui doivent le plus l'existence de la tourbe sont la Frise, la Groningue, la Drenthe, l'Overyssel. Lorsque la tourbire est exploite, il reste malheureusement beaucoup d'eau qu'il faut enlever grand renfort de moulins et de fosss. Comme l'entretien de ces moulins est assez considrable, il ne faut plus s'tonner si en Hollande le prix des vivres est assez lev... Malgr cela, un vieux pote, nomm Vondel, enthousiasm de la vogue obtenue par la tourbe, crivait en tte d'un de ses ouvrages ce vers grandiloquent: Heureux le pays o l'enfant brle sa mre! CONCLUSION.--Tout cela dmontre qu'il n'y a point que de l'eau en Hollande, comme pourraient le faire croire aux quidams mal instruits des aperus fantaisistes. La Hollande, coupe de mille canaux, borde d'les, de golfes, d'estuaires, renferme vraiment beaucoup d'eau, mais cette eau souveraine, envahissante, eau montante ou descendante, qui panouit perte de vue ses rseaux flous o voguent sans cesse des barques, des chalands, des vapeurs, des canards, est la source inpuisable des richesses bataves, et l'on voudrait trouver un mot magnifique, entour de syllabes mtalliques, pour dsigner cette chose incolore, fluide, nuance de toutes les nuances des nuages, des moulins, des polders, qui fait de la Hollande le plus aquatique des pays aquatiques et le plus curieux des pays plats. Lud. Georges HAMN. [Illustration: Les petites filles sont charmantes.] Droits de traduction et de reproduction rservs. * * * * * TABLE DES GRAVURES ET CARTES L'T AU KACHMIR Par _Mme F. MICHEL_ En rickshaw sur la route du mont Abou. (D'aprs une photographie.) 1 L'lphant du touriste Djapour. 1 Petit sanctuaire latral dans l'un des temples djans du mont Abou. (D'aprs une photographie.) 2 Pont de cordes sur le Djhilam, prs de Garhi. (Dessin de Massias, d'aprs une photographie.) 3 Les Karvas ou plateaux alluviaux forms par les rosions du Djhilam. (D'aprs une photographie.) 4 Ekkas et Tongas sur la route du Kachmir: vue prise au relais de Rampour. (D'aprs une photographie Jadu Kissen, Delhi.) 5 Le vieux fort Sikh et les gorges du Djhilam Ouri. (D'aprs une photographie.) 6 Shr-Garhi ou la Maison du Lion, palais du Mahrdja Srnagar. (Photographie Bourne et Sheperd, Calcutta.) 7 L'entre du Tchinar-Bgh, ou Bois des Platanes, au-dessus de Srnagar; au premier plan une dounga, au fond le sommet du Takht-i-Souleiman. (Photographie Jadu Kissen, Delhi.) 7 Ruines du temple de Brankoutri. (D'aprs une photographie.) 8 Types de Pandis ou Brahmanes Kachmirs. (Photographie Jadu Kissen, Delhi.) 9 Le quai de la Rsidence; au fond, le sommet du Takht-i-Souleiman. (Photographie Jadu Kissen, Delhi.) 10 La porte du Kachmir et la sortie du Djhilam Baramoula. (Photographie Jadu Kissen, Delhi.) 11 Nos tentes Lahore. (D'aprs une photographie.) 12 Dounga ou bateau de passagers au Kachmir. (Photographie Bourne et Shepherd, Calcutta.) 13 Vichnou port par Garouda, idole vnre prs du temple de Vidja-Broer (hauteur 1m 40.) 13 Enfants de bateliers jouant cache-cache dans le creux d'un vieux platane. (D'aprs une photographie.) 14 Batelires du Kachmir dcortiquant du riz, prs d'une range de peupliers. (Photographie Bourne et Shepherd, Calcutta.) 15 Campement prs de Palhallan: tentes et doungas. (D'aprs une photographie.) 16 Troisime pont de Srnagar et mosque de Shah Hamadan; au fond, le fort de Hari-Paryat. (Photographie Jadu Kissen, Delhi.) 17 Le temple inond de Pandrethan. (D'aprs une photographie.) 18 Femme musulmane du Kachmir. (Photographie Jadu Kissen, Delhi.) 19 Pandit Narayan assis sur le seuil du temple de Narasthn. (D'aprs une photographie.) 20 Pont et bourg de Vidjabroer. (Photographie Jadu Kissen, Delhi.) 21 Ziarat de Cheik Nasr-oud-Din, Vidjabroer. (D'aprs une photographie.) 22 Le temple de Panyech: gauche, un brahmane; droite, un musulman. (Photographie Jadu Kissen, Delhi.) 23 Temple hindou moderne Vidjabroer. (D'aprs une photographie.) 24 Brahmanes en visite au Naga ou source sacre de Valtongou. (D'aprs une photographie.) 25 Gargouille ancienne, de style hindou, dans le mur d'une mosque, Houtamourou, prs de Bhavan. 25 Temple ruin, Khotair. (D'aprs une photographie.) 26 Naga ou source sacre de Kothair. (D'aprs une photographie.) 27 Ver-Ng: le bungalow au-dessus de la source. (D'aprs une photographie.) 28 Temple rustique de Voutanr. (D'aprs une photographie.) 29 Autel du temple de Voutanr et accessoires du culte. (D'aprs une photographie.) 30 Noce musulmane, Rozlou: les musiciens et le fianc. (D'aprs une photographie.) 31 Sacrifice bhramanique, Bhavan. (D'aprs une photographie.) 31 Intrieur de temple de Martand: le repos des coolies employs au dblaiement. (D'aprs une photographie.) 32 Ruines de Martand: faade postrieure et vue latrale du temple. (D'aprs des photographies.) 33 Place du campement sous les platanes, Bhavan. (D'aprs une photographie.) 34 La Ziarat de Zan-oud-Din, Eichmakam. (Photographie Bourne et Shepherd, Calcutta.) 35 Naga ou source sacre de Brar, entre Bhavan et Eichmakar. (D'aprs une photographie.) 36 Maisons de bois, Palgm. (Photographie Bourne et Shepherd, Calcutta.) 37 Palanquin et porteurs. 37 Ganech-Bal sur le Lidar: le village hindou et la roche miraculeuse. (D'aprs une photographie.) 38 Le massif du Kolahoi et la bifurcation de la valle du Lidar au-dessus de Palgm, vue prise de Ganeth-Bal. (Photographie Jadu Kissen, Delhi.) 39 Valle d'Amarnth: vue prise de la grotte. (D'aprs une photographie.) 40 Pondjtarni et le camp des plerins: au fond, la passe du Mahgounas. (Photographie Jadu Kissen, Delhi.) 41 Cascade sortant de dessous un pont de neige entre Tannin et Zodji-Pl. (D'aprs une photographie.) 42 Le Koh-i-Nour et les glaciers au-dessus du lac ecra-Nag. (Photographie Jadu Kissen, Delhi.) 43 Grotte d'Amarnth. (Photographie Jadu Kissen, Delhi.) 43 Astan-Marg: la prairie et les bouleaux. (D'aprs une photographie.) 44 Campement de Goudjars Astan-Marg. (D'aprs une photographie.) 45 Le bain des plerins Amarnath. (D'aprs une photographie.) 46 Plerins d'Amarnth: le Sdhou de Patiala; par derrire, des brahmanes, et droite, des musulmans du Kachmir. (D'aprs une photographie.) 47 Mosque de village au Kachmir. (D'aprs une photographie.) 48 Brodeurs Kachmiris sur toile. (Photographie Bourne et Shepherd, Calcutta.) 49 Mendiant musulman. (D'aprs une photographie.) 49 Le Brahma Sr et le camp des plerins au pied de l'Haramouk. (D'aprs une photographie.) 50 Lac Gangbal au pied du massif de l'Haramouk. (Photographie Jadu Kissen, Delhi.) 51 Le Noun-Kl, au pied de l'Haramouk, et le bain des plerins. (D'aprs une photographie.) 52 Femmes musulmanes du Kachmir avec leurs houkas (pipes) et leur hangri (chaufferette). (Photographie Jadu Kissen, Delhi.) 53 Temples ruins Vangth. (D'aprs une photographie.) 54 Mla ou foire religieuse Hazarat-Bal. (En haut, photographie par l'auteur; en bas, photographie Jadu Kissen, Delhi.) 55 La villa de Cheik Safai-Bagh, au sud du lac de Srnagar. (D'aprs une photographie.) 56 Nishat-Bgh et le bord oriental du lac de Srnagar. (Photographie Jadu Kissen, Delhi.) 57 Le canal de Mar Sridagar. (Photographie Jadu Kissen, Delhi.) 58 La mosque de Shah Hamadan Srnagar (rive droite). (Photographie Jadu Kissen, Delhi.) 59 Spcimens de l'art du Kachmir. (D'aprs une photographie.) 60 SOUVENIRS DE LA COTE D'IVOIRE Par _le docteur LAMY_ _Mdecin-major des troupes coloniales_. La barre de Grand-Bassam ncessite un grand dploiement de force pour la mise l'eau d'une pirogue. (D'aprs une photographie.) 61 Le fminisme Adoko: un mdecin concurrent de l'auteur. (D'aprs une photographie.) 61 Travail et Maternit ou Comment vivent les femmes de Petit-Alp. (D'aprs une photographie.) 62 Motso: soins maternels. (D'aprs une photographie.) 63 Installation de notre campement dans une clairire dbroussaille. (D'aprs une photographie.) 64 Environs de Grand-Alp: des hangars dans une palmeraie, et une douzaine de grands mortiers destins la prparation de l'huile de palme. (D'aprs une photographie.) 65 Dans le sentier troit, montant, il faut marcher en file indienne. (D'aprs une photographie.) 66 Nous utilisons le ft renvers d'un arbre pour traverser la M. (D'aprs une photographie.) 67 La popote dans un admirable champ de bananiers. (D'aprs une photographie.) 68 Indignes coupant un acajou. (D'aprs une photographie.) 69 La cte d'Ivoire.--Le pays Atti. 70 Ce fut un sauve-qui-peut gnral quand je braquai sur les indignes mon appareil photographique. (Dessin de J. Lave, d'aprs une photographie.) 71 La rue principale de Grand-Alp. (D'aprs une photographie.) 72 Les Trois Graces de Mop (pays Atti). (D'aprs une photographie.) 73 Femme du pays Atti portant son enfant en groupe. (D'aprs une photographie.) 73 Une clairire prs de Mop. (D'aprs une photographie.) 74 La garnison de Mop se porte notre rencontre. (D'aprs une photographie.) 75 Femme de Mop fabriquant son savon base d'huile de palme et de cendres de peaux de bananes. (D'aprs une photographie.) 76 Danse excute aux funrailles du prince hritier de Mop. (D'aprs une photographie.) 77 Toilette et embaumement du dfunt. (D'aprs une photographie.) 78 Jeune femme et jeune fille de Mop. (D'aprs une photographie.) 79 Route, dans la fort tropicale, de Malamalasso Daboissu. (D'aprs une photographie.) 80 Beni Coam, roi de Betti et autres lieux, entour de ses femmes et de ses hauts dignitaires. (D'aprs une photographie.) 81 Chute du Mala-Mala, affluent du Como, Malamalasso. (D'aprs une photographie.) 82 La valle du Como Malamalasso. (D'aprs une photographie.) 83 Tam-tam de guerre Mop. (D'aprs une photographie.) 84 Piroguiers de la cte d'Ivoire pagayant. (D'aprs une photographie.) 85 Allou, le boy du docteur Lamy. (D'aprs une photographie.) 85 La fort tropicale la cte d'Ivoire. (D'aprs une photographie.) 86 Le dbitage des arbres. (D'aprs une photographie.) 87 Les lianes sur la rive du Como. (D'aprs une photographie.) 88 Les occupations les plus frquentes au village: discussions et farniente Atti. (D'aprs une photographie.) 89 Un incendie Grand-Bassam. (D'aprs une photographie.) 90 La danse indigne est caractrise par des poses et des gestes qui rappellent une pantomime. (D'aprs une photographie.) 91 Une inondation Grand-Bassam. (D'aprs une photographie.) 92 Un campement sanitaire Abidjean. (D'aprs une photographie.) 93 Une rue de Jackville, sur le golfe de Guine. (D'aprs une photographie.) 94 Grand-Bassam: cases dtruites aprs une pidmie de fivre jaune. (D'aprs une photographie.) 95 Grand-Bassam: le boulevard Treich-Laplne. (D'aprs une photographie.) 96 L'LE D'ELBE Par _M. PAUL GRUYER_ L'le d'Elbe se dcoupe sur l'horizon, abrupte, montagneuse et violtre. 97 Une jeune fille elboise, au regard nergique, la peau d'une blancheur de lait et aux beaux cheveux noirs. 97 Les rues de Porto-Ferraio sont toutes un escalier (page 100). 98 Porto-Ferraio: l'entre du port, une vieille tour gnoise, trapue, bizarre de forme, se mire dans les flots. 99 Porto-Ferraio: la porte de terre, par laquelle sortait Napolon pour se rendre sa maison de campagne de San Martino. 100 Porto-Ferraio: la porte de mer, o aborda Napolon. 101 La teste de Napolon (page 100). 102 Porto-Ferraio s'chelonne avec ses toits plats et ses faades scintillantes de clart (page 99). 103 Porto-Ferraio: les remparts dcoupent sur le ciel d'un bleu sombre leur profil anguleux (page 99). 103 La faade extrieure du Palais des Mulini o habitait Napolon Porto-Ferraio (page 101). 104 Le jardin imprial et la terrasse de la maison des Mulini (page 102). 105 La Via Napoleone, qui monte au Palais des Mulini. 106 La salle du conseil Porto-Ferraio, avec le portrait de la dernire grande-duchesse de Toscane et celui de Napolon, d'aprs le tableau de Grard. 107 La grande salle des Mulini aujourd'hui abandonne, avec ses volets clos et les peintures dcoratives qu'y fit faire l'empereur (page 101). 107 Une paysanne elboise avec son vaste chapeau qui la protge du soleil. 108 Les mille mtres du Monte Capanna et de son voisin, le Monte Giove, dvalent dans les flots de toute leur hauteur. 109 Un enfant elbois. 109 Marciana Alta et ses ruelles troites. 110 Marciana Marina avec ses maisons ranges autour du rivage et ses embarcations tires sur la grve. 111 Les chtaigniers dans le brouillard, sur le faite du Monte Giove. 112 ... Et voici au-dessus de moi Marciana Alta surgir des nues (page 111). 113 La Seda di Napoleone sur le Monte Giove o l'empereur s'asseyait pour dcouvrir la Corse. 114 La blanche chapelle de Monserrat au centre d'un amphithtre de rochers est entoure de sveltes cyprs (page 117). 115 Voici Rio Montagne dont les maisons rgulires et cubiques ont l'air de dominos empils... (page 118). 115 J'aperois Poggio, un autre village perdu aussi dans les nues. 116 Une des trois chambres de l'ermitage. 117 L'ermitage du Marciana o l'empereur reut la visite de la comtesse Walewska, le 3 Septembre 1814. 117 Le petit port de Porto-Longone domin par la vieille citadelle espagnole (page 117). 118 La maison de Madame Mre Marciana Alta.--Bastia, signor!--La chapelle de la Madone sur le Monte Giove. 119 Le coucher du soleil sur le Monte Giove. 120 Porto-Ferraio et son golfe vus des jardins de San Martino. 121 L'arrive de Napolon l'le d'Elbe. (D'aprs une caricature du temps.) 121 Le drapeau de Napolon roi de l'le d'Elbe: fond blanc, bande orang-rouge et trois abeilles jadis dores. 122 La salle de bains de San Martino a conserv sa baignoire de pierre. 123 La chambre de Napolon San Martino. 123 La cour de Napolon l'le d'Elbe. (D'aprs une caricature du temps.) 124 Une femme du village de Marciana Alta. 125 Le plafond de San Martino et les deux colombes symboliques reprsentant Napolon et Marie-Louise. 126 San Martino rappelle par son aspect une de ces maisonnettes la Jean-Jacques Rousseau, agrestes et paisibles (page 123). 126 Rideau du thtre de Porto-Ferraio reprsentant Napolon sous la figure d'Apollon gardant ses troupeaux chez Admte. 127 La salle gyptienne de San Martino est demeure intacte avec ses peintures murales et son bassin sec. 127 Broderies de soie du couvre-lit et du baldaquin du lit de Napolon aux Mulini, dont on a fait le trne piscopal de l'vque d'Ajaccio. 128 La signorina Squarci dans la robe de satin blanc que son aeule portait la cour des Mulini. 129 ventail de Pauline Borghse, en ivoire sculpt, envoy en souvenir d'elle la signora Traditi, femme du maire de Porto-Ferraio. 130 Le lit de Madame Mre, qu'elle s'tait fait envoyer de Paris l'le d'Elbe. 130 Le vieil aveugle Soldani, fils d'un soldat de Waterloo, chauffait, un petit brasero de terre jaune, ses mains osseuses. 131 L'entre du goulet de Porto-Ferraio par o sortit la flottille impriale, le 26 fvrier 1815. 132 D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE Par _M. VICTOR CHAPOT_ _membre de l'cole franaise d'Athnes_. Dans une sorte de cirque se dressent les pans de muraille du Ksar-el-Benat (page 142). (D'aprs une photographie.) 133 Le canal de Sleucie est, par endroits, un tunnel (page 140). 133 Vers le coude de l'Euphrate: la pense de relever les traces de vie antique a dict l'itinraire. 134 L'Antioche moderne: de l'ancienne Antioche il ne reste que l'enceinte, aux flancs du Silpios (page 137). 135 Les rues d'Antioche sont troites et tortueuses; parfois, au milieu, se creuse en foss. (D'aprs une photographie.) 136 Le tout-Antioche inonde les promenades. (D'aprs une photographie.) 137 Les crtes des collines sont couronnes de chapelles ruines (page 142). 138 Alep est une ville militaire. (D'aprs une photographie.) 139 La citadelle d'Alep se dtache des quartiers qui l'avoisinent (page 143). (D'aprs une photographie.) 139 Les parois du canal de Sleucie s'lvent jusqu' 40 mtres. (D'aprs une photographie.) 140 Les tombeaux de Sleucie s'tageaient sur le Kasios. (D'aprs une photographie.) 141 Alep une seule mosque peut presque passer pour une oeuvre d'art. (D'aprs une photographie.) 142 Tout alentour d'Alep la campagne est dserte. (D'aprs une photographie.) 143 Le Kasr-el-Benat, ancien couvent fortifi. 144 Balkis veille, de loin et de haut, l'ide d'une taupinire (page 147). (D'aprs une photographie.) 145 Stle Hittite. L'artiste n'a excut qu'un premier ravalement (page 148). 145 glise armnienne de Nisib; le plan en est masqu au dehors. (D'aprs une photographie.) 146 Tell-Erfat est peupl d'Yazides; on le reconnat la forme des habitations. (D'aprs une photographie.) 147 La rive droite de l'Euphrate tait couverte de stations romaines et byzantines. (D'aprs une photographie.) 148 Biredjik vu de la citadelle: la plaine s'allonge indfiniment (page 148). (D'aprs une photographie.) 149 Srsat: village mixte d'Yazides et de Bdouins (page 146). (D'aprs une photographie.) 150 Les Tcherkesses diffrent des autres musulmans; sur leur personne, pas de haillons (page 152). (D'aprs une photographie.) 151 Ras-el-An. Deux jours se passent, mlancoliques, en ngociations (page 155). (D'aprs une photographie.) 152 J'ai laiss ma tente hors les murs devant Orfa. (D'aprs une photographie.) 153 Environs d'Orfa: les vignes, basses, courent sur le sol. (D'aprs une photographie.) 154 Vue gnrale d'Orfa. (D'aprs une photographie.) 155 Porte arabe Rakka (page 152). (D'aprs une photographie.) 156 Passage de l'Euphrate: les chevaux apeurs sont ports dans le bac force de bras (page 159). (D'aprs une photographie.) 157 Bdouin. (D'aprs une photographie.) 157 Citadelle d'Orfa: deux puissantes colonnes sont restes debout. (D'aprs une photographie.) 158 Orfa: mosque Ibrahim-Djami; les promeneurs flnent dans la cour et devant la piscine (page 157). (D'aprs une photographie.) 159 Pont byzantin et arabe (page 159). (D'aprs une photographie.) 160 Mausole d'Alif, orn d'une frise de ttes sculptes (page 160). (D'aprs une photographie.) 161 Mausole de Thodoret, selon la lgende, prs de Cyrrhus. (D'aprs une photographie.) 162 Kara-Moughara: au sommet se voit une grotte taille (page 165). (D'aprs une photographie.) 163 L'Euphrate en amont de Roum-Kaleh; sur la falaise campait un petit corps de lgionnaires romains (page 160). (D'aprs une photographie.) 163 Trappe de Checkhl: un grand difice en pierres a remplac les premires habitations (page 166). 164 Trappe de Checkhl: la chapelle (page 166). (D'aprs une photographie.) 165 Pre Maronite (page 168). (D'aprs une photographie.) 166 Acbs est situ au fond d'un grand cirque montagneux (page 166). (D'aprs une photographie.) 167 Trappe de Checkhl: premires habitations des trappistes (page 166). (D'aprs une photographie.) 168 LA FRANCE AUX NOUVELLES-HBRIDES Par _M. RAYMOND BEL_ Indignes hbridais de l'le de Spiritu-Santo. (D'aprs une photographie.) 169 Le petit personnel d'un colon de Malli-Colo. (D'aprs une photographie.) 169 Le quai de Franceville ou Port-Vila, dans l'le Vat. (D'aprs une photographie.) 170 Une case de l'le de Spiritu-Santo et ses habitants. (D'aprs une photographie.) 171 Le port de Franceville ou Port-Vila, dans l'le Vat, prsente une rade magnifique. (D'aprs une photographie.) 172 C'est Port-Vila ou Franceville, dans l'le Vat, que la France a un rsident. (D'aprs une photographie.) 173 Dieux indignes ou Tabous. (D'aprs une photographie.) 174 Les indignes hbridais de l'le Mallicolo ont un costume et une physionomie moins sauvages que ceux de l'le Pentecte. (D'aprs des photographies.) 175 Pirogues de l'le Vao. (D'aprs une photographie.) 176 Indignes employs au service d'un bateau. (D'aprs une photographie.) 177 Un sous-bois dans l'le de Spiritu-Santo. (D'aprs une photographie.) 178 Un banquet de Franais Port-Vila (Franceville). (D'aprs une photographie.) 179 La colonie franaise de Port-Vila (Franceville). (D'aprs une photographie.) 179 La rivire de Luganville. (D'aprs une photographie.) 180 LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE Par _M. ALBERT THOMAS_ Les enfants russes, aux grosses joues pales, devant l'isba (page 182). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 181 La reine des cloches Tsar Kolokol (page 180). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 181 Les chariots de transport que l'on rencontre en longues files dans les rues de Moscou (page 183). 182 Les paysannes en plerinage arrives enfin Moscou, la cit sainte (page 182). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 183 Une chapelle o les passants entrent adorer les icnes (page 183). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 184 La porte du Sauveur que nul ne peut franchir sans se dcouvrir (page 185). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 185 Une porte du Kreml (page 185). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 186 Les moines du couvent de Saint-Serge, un des couvents qui entourent la cit sainte (page 185). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 187 Deux villes dans le Kreml: celle du XVe sicle, celle d'Ivan, et la ville moderne, que symbolise ici le petit palais (page 190). 188 Le mur d'enceinte du Kreml, avec ses crneaux, ses tours aux toits aigus (page 183). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 189 Tout prs de l'Assomption, les deux glises-soeurs se dressent: les Saints-Archanges et l'Annonciation (page 186). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 189 l'extrmit de la place Rouge, Saint-Basile dresse le fouillis de ses clochers (page 184). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 190 Du haut de l'Ivan Vliki, la ville immense se dcouvre (page 190). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 191 Un des isvotchiks qui nous mnent grand train travers les rues de Moscou (page 182). 192 Il fait bon errer parmi la foule pittoresque des marchs moscovites, entre les petits marchands, artisans ou paysans qui apportent l leurs produits (page 195). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 193 L'isvotchik a revtu son long manteau bleu (page 194). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 193 Itinraire de Moscou Tomsk. 194 ct d'une picerie, une des petites boutiques o l'on vend le kvass, le cidre russe (page 195). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 195 Et des Tatars offraient des toffes tales sur leurs bras (page 195). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 196 Patients, rsigns, les cochers attendent sous le soleil de midi (page 194). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 197 Une cour du quartier ouvrier, avec l'icne protectrice (page 196). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 198 Sur le flanc de la colline de Nijni, au pied de la route qui relie la vieille ville la nouvelle, la citadelle au march (page 204). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 199 Le march tincelait dans son fouillis (page 195). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 200 Dj la grande industrie pntre: on rencontre Moscou des ouvriers modernes (page 195). (D'aprs une photographie.) 201 Sur l'Oka, un large pont de bois barrait les eaux (page 204). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 202 Dans le quartier ouvrier, les familles s'entassent, tous les tages, autour de grandes cours (page 196). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 203 Le char funbre tait blanc et dor (page 194). (D'aprs une photographie.) 204 Nijni, toutes les races se rencontrent, Grands-Russiens, Tatars, Tcherkesses (page 208). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 205 Une femme tatare de Kazan dans l'enveloppement de son grand chle (page 214). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 205 Nous avons travers le grand pont qui mne la foire (page 205). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 206 Au dehors, la vie de chaque jour s'talait, ple-mle, l'orientale (page 207). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 207 Les galeries couvertes, devant les boutiques de Nijni (page 206). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 208 Dans les rues, les petits marchands taient innombrables (page 207). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 209 Dans une rue, c'taient des coffres de toutes dimensions, peints de couleurs vives (page 206). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 210 Prs de l'asile, nous sommes alls au march aux cloches (page 208). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 211 Plus loin, sous un abri, des balances gigantesques taient pendues (page 206). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 211 Dans une autre rue, les charrons avaient accumul leurs roues (page 206). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 212 Paysannes russes, de celles qu'on rencontre aux petits marchs des dbarcadres ou des stations (page 215). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 213 Le Kreml de Kazan. C'est l que sont les glises et les administrations (page 214). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 214 Sur la berge, des tarantass taient ranges (page 216). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 215 Partout sur la Volga d'immenses paquebots et des remorqueurs (page 213). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 216 presque toutes les gares il se forme spontanment un petit march (page 222). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 217 Dans la plaine (page 221). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 217 Un petit fumoir, vitr de tous cts, termine le train (page 218). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 218 Les migrants taient l, ple-mle, parmi leurs misrables bagages (page 226). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.) 219 Les petits garons du wagon-restaurant s'approvisionnent (page 218). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 220 migrants prenant leur maigre repas pendant l'arrt de leur train (page 228). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine) 221 L'ameublement du wagon-restaurant tait simple, avec un bel air d'aisance (page 218). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine) 222 Les gendarmes qui assurent la police des gares du Transsibrien. (Photographie de M. Thibeaux.) 223 L'glise, prs de la gare de Tchliabinsk, ne diffre des isbas neuves que par son clocheton (page 225). (Photographie extraite du Guide du Transsibrien.) 224 Un train de constructeurs tait remis l, avec son wagon-chapelle (page 225). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.) 225 Vue De Stretensk: la gare est sur la rive gauche, la ville sur la rive droite. (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.) 226 Un point d'migration (page 228). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.) 227 Enfants d'migrants (page 228). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 228 Un petit march dans une gare du Transsibrien. (Photographie de M. Legras.) 229 La cloche luisait, immobile, sous un petit toit isol (page 230). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 229 Nous sommes passs prs d'une glise clochetons verts (page 230). (Photographie de M. Thibeaux.) 230 Tomsk a group dans la valle ses maisons grises et ses toits verts (page 230). (Photographie de M. Brocherel.) 231 Aprs la dbcle de la Tome, prs de Tomsk (page 230). (D'aprs une photographie de M. Legras.) 232 Le chef de police demande quelques explications sur les passeports (page 232). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 233 La cathdrale de la Trinit Tomsk (page 238). (Photographie extraite du Guide du Transsibrien.) 234 Tomsk: en revenant de l'glise (page 234). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 235 Tomsk n'tait encore qu'un campement, sur la route de l'migration (page 231). (D'aprs une photographie.) 236 Une rue de Tomsk, dfinie seulement par les maisons qui la bordent (page 231). (Photographie de M. Brocherel.) 237 Les cliniques de l'Universit de Tomsk (page 238). (Photographie extraite du Guide du Transsibrien.) 238 Les longs btiments blancs o s'abrite l'Universit (page 237). (Photographie extraite du Guide du Transsibrien.) 239 La voiture de l'icne stationnait parfois (page 230). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 240 Flneurs la gare de Petropavlosk (page 242). (D'aprs une photographie de M. Legras.) 241 Dans les valles de l'Oural, habitent encore des Bachkirs (page 245). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 241 Un taillis de bouleaux entourait une petite mare. (D'aprs une photographie.) 242 Les rivires roulaient une eau claire (page 244). (D'aprs une photographie.) 243 La ligne suit la valle des rivires (page 243). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 244 Comme toute l'activit commerciale semble frle en face des eaux puissantes de la Volga! (page 248.) (D'aprs une photographie de M. G. Cahen.) 245 Bachkirs sculpteurs. (D'aprs une photographie de M. Paul Labb.) 246 la gare de Tchliabinsk, toujours des migrants (page 242). (D'aprs une photographie de M. J. Legras.) 247 Une bonne d'enfants, avec son costume traditionnel (page 251). (D'aprs une photographie de M. G. Cahen.) 248 Joie nave de vivre, et mlancolie.--un petit march du sud (page 250). (D'aprs une photographie de M. G. Cahen.) 249 Un russe dans son vtement d'hiver (page 249). (D'aprs une photographie de M. G. Cahen.) 250 Dans tous les villages russes, une activit humble, pauvre de moyens.--Marchands de poteries (page 248). (D'aprs une photographie de M. G. Cahen.) 251 L, au passage, un Kirghize sur son petit cheval (page 242). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.) 252 LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES Par _M. GERSPACH_ Lugano: les quais offrent aux touristes une merveilleuse promenade. (Photographie Alinari.) 253 Porte de la cathdrale Saint-Laurent de Lugano (page 256). (Photographie Alinari.) 253 Le lac de Lugano dont les deux bras enserrent le promontoire de San Salvatore. (D'aprs une photographie.) 254 La ville de Lugano descend en amphithtre jusqu'aux rives de son lac. (Photographie Alinari.) 255 Lugano: faubourg de Castagnola. (D'aprs une photographie.) 256 La cathdrale de Saint-Laurent: sa faade est dcore de figures de prophtes et de mdaillons d'aptres (page 256). (Photographie Alinari.) 257 Saint-Roch: dtail de la fresque de Luini Sainte-Marie-des-Anges (Photographie Alinari.) 258 La passion: fresque de Luini l'glise Sainte-Marie-des-Anges (page 260). (Photographie Alinari) 259 Saint Sbastien: dtail de la grande fresque de Luini Sainte-Marie-des-Anges. (Photographie Alinari.) 260 La madone, l'enfant Jsus et Saint Jean, par Luini, glise Sainte-Marie-des-Anges (page 260). (Photographie Alinari.) 261 La Scne: fresque de Luini l'glise Sainte-Marie-des-Anges (page 260). 262 Lugano: le quai et le faubourg Paradiso. (Photographie Alinari.) 263 Lac de Lugano: viaduc du chemin de fer du Saint-Gothard. (D'aprs une photographie.) 264 SHANGHA, LA MTROPOLE CHINOISE Par _M. MILE DESCHAMPS_ Les quais sont anims par la population grouillante des Chinois (page 266). (D'aprs une photographie.) 265 Acteurs du thtre chinois. (D'aprs une photographie.) 265 Plan de Shangha. 266 Shangha est sillonne de canaux qui, mare basse, montrent une boue noire et mal odorante. (Photographie de Mlle Hlne de Harven.) 267 Panorama de Shangha. (D'aprs une photographie.) 268 Dans la ville chinoise, les camelots sont nombreux, qui dbitent en plein vent des marchandises ou des lgendes extraordinaires. (D'aprs une photographie.) 269 Le poste de l'Ouest, un des quatre postes o s'abrite la milice de la Concession franaise (page 272). (D'aprs une photographie.) 270 La population ordinaire qui grouille dans les rues de la ville chinoise de Shangha (page 268). 271 Les coolies conducteurs de brouettes attendent nonchalamment l'arrive du client (page 266). (Photographies de Mlle H. de Harven.) 271 Une maison de th dans la cit chinoise. (D'aprs une photographie.) 272 Les brouettes, qui transportent marchandises ou indignes, ne peuvent circuler que dans les larges avenues des concessions (page 270). (D'aprs une photographie.) 273 La prison de Shangha se prsente sous l'aspect d'une grande cage, forts barreaux de fer. (D'aprs une photographie.) 274 Le parvis des temples dans la cit est toujours un lieu de runion trs frquent. (D'aprs une photographie.) 275 Les murs de la cit chinoise, du ct de la Concession franaise. (D'aprs une photographie.) 276 La navigation des sampans sur le Ouang-P. (D'aprs une photographie.) 277 Aiguille de la pagode de Long-Hoa. (D'aprs une photographie.) 277 Rickshaws et brouettes sillonnent les ponts du Yang King-Pang. (D'aprs une photographie.) 278 Dans Broadway, les boutiques alternent avec des magasins de belle apparence (page 282). 279 Les jeunes Chinois flnent au soleil dans leur Cit. (Photographies de Mlle H. de Harven.) 279 Sur les quais du Yang-King-Pang s'lvent des btiments, banques ou clubs, qui n'ont rien de chinois. (D'aprs une photographie.) 280 Le quai de la Concession franaise prsente, toute heure du jour, la plus grande animation. (D'aprs une photographie.) 281 Hong-Hoa: pavillon qui surmonte l'entre de la pagode. (D'aprs une photographie.) 282 L'omnibus du pauvre (wheel-barrow ou brouette) fait du deux l'heure et cote quelques centimes seulement. (D'aprs une photographie.) 283 Une station de brouettes sur le Yang-King-Pang. (D'aprs une photographie.) 284 Les barques s'entre-croisent et se choquent devant le quai chinois de Tou-Ka-Dou. (D'aprs une photographie.) 285 Chinoises de Shangha. (D'aprs une photographie.) 286 Village chinois aux environs de Shangha. (D'aprs une photographie.) 287 Le charnier des enfants trouvs (page 280). (D'aprs une photographie.) 288 L'DUCATION DES NGRES AUX TATS-UNIS Par _M. BARGY_ L'cole maternelle de Hampton accueille et occupe les ngrillons des deux sexes. (D'aprs une photographie.) 289 Institut Hampton: cours de travail manuel. (D'aprs une photographie.) 289 Booker T. Washington, le leader de l'ducation des ngres aux tats-Unis, fondateur de l'cole de Tuskegee, en costume universitaire. (D'aprs une photographie.) 290 Institut Hampton: le cours de maonnerie. (D'aprs une photographie.) 291 Institut Hampton: le cours de laiterie. (D'aprs une photographie.) 292 Institut Hampton: le cours d'lectricit. (D'aprs une photographie.) 293 Institut Hampton: le cours de menuiserie. (D'aprs une photographie.) 294 Le salut au drapeau excut par les ngrillons de l'Institut Hampton. (D'aprs une photographie.) 295 Institut Hampton: le cours de chimie. (D'aprs une photographie.) 296 Le basket ball dans les jardins de l'Institut Hampton. (D'aprs une photographie.) 297 Institut Hampton: le cours de cosmographie. (D'aprs une photographie.) 298 Institut Hampton: le cours de botanique. (D'aprs une photographie.) 299 Institut Hampton: le cours de mcanique. (D'aprs une photographie.) 300 TRAVERS LA PERSE ORIENTALE Par _le Major PERCY MOLESWORTH SYKES_ _Consul gnral de S. M. Britannique au Khorassan._ Une foule curieuse nous attendait sur les places de Mechhed. (D'aprs une photographie.) 301 Un poney persan et sa charge ordinaire. (D'aprs une photographie.) 301 Le plateau de l'Iran. Carte pour suivre le voyage de l'auteur, d'Astrabad Kirman. 302 Les femmes persanes s'enveloppent la tte et le corps d'amples toffes. (D'aprs une photographie.) 303 Paysage du Khorassan: un sol rocailleux et ravag, une rivire presque sec; au fond, des constructions l'aspect de fortins. (D'aprs une photographie.) 304 Le sanctuaire de Mechhed est parmi les plus riches et les plus visits de l'Asie. (D'aprs une photographie.) 305 La cour principale du sanctuaire de Mechhed. (D'aprs une photographie.) 306 Enfants nomades de la Perse orientale. (D'aprs une photographie.) 307 Jeunes filles kurdes des bords de la mer Caspienne. (D'aprs une photographie.) 308 Les prparatifs d'un campement dans le dsert de Lout. (D'aprs une photographie.) 309 Le dsert de Lout n'est surpass, en aridit, par aucun autre de l'Asie. (D'aprs une photographie.) 310 Avant d'arriver Kirman, nous avions traverser la chane de Kouhpaia. (D'aprs une photographie.) 311 Rien n'gale la dsolation du dsert de Lout. (D'aprs une photographie.) 312 La communaut Zoroastrienne de Kirman vint, en chemin, nous souhaiter la bienvenue. (D'aprs une photographie.) 313 Un marchand de Kirman. (D'aprs une photographie.) 313 Le dme de Djabalia, ruine des environs de Kirman, ancien sanctuaire ou ancien tombeau. (D'aprs une photographie.) 314 Kirman: le jardin qui est lou par le Consulat, se trouve un mille au del des remparts. (D'aprs une photographie.) 315 Une avenue dans la partie ouest de Kirman. (D'aprs une photographie.) 316 Les gardes indignes du Consulat anglais de Kirman. (D'aprs une photographie.) 317 La plus ancienne mosque de Kirman est celle dite Masdjid-i-Malik. (D'aprs une photographie.) 318 Membres des cheikhis, secte qui en compte 7 000 dans la province de Kirman. (D'aprs une photographie.) 319 La Masdjid Djami, construite en 1349, une des quatre-vingt-dix mosques de Kirman. (D'aprs une photographie.) 320 Dans la partie ouest de Kirman se trouve le Bagh-i-Zirisf, terrain de plaisance occup par des jardins. (D'aprs une photographie.) 321 Les environs de Kirman comptent quelques maisons de th. (D'aprs une photographie.) 322 Une tour de la mort, o les Zoroastriens exposent les cadavres. (D'aprs une photographie.) 323 Le fort dit Kala-i-Dukhtar ou fort de la Vierge, aux portes de Kirman. (D'aprs une photographie.) 324 Le Farma Farma. (D'aprs une photographie.) 325 Indignes du bourg d'Aptar, Baloutchistan. (D'aprs une photographie.) 325 Carte du Makran. 326 Baloutches de Pip, village de deux cents maisons groupes autour d'un fort. (D'aprs une photographie.) 327 Des forts abandonns rappellent l'ancienne puissance du Baloutchistan. (D'aprs une photographie.) 328 Chameliers brahmanes du Baloutchistan. (D'aprs une photographie.) 329 La passe de Fanoch, faisant communiquer la valle du mme nom et la valle de Lachar. (D'aprs une photographie.) 330 Musiciens ambulants du Baloutchistan. (D'aprs une photographie.) 331 Une halte dans les montagnes du Makran. (D'aprs une photographie.) 332 Baloutches du district de Sarhad. (D'aprs une photographie.) 333 Un fortin sur les frontires du Baloutchistan. (D'aprs une photographie.) 334 Dans les montagnes du Makran: des collines d'argile succdent de rugueuses chanes calcaires. (D'aprs une photographie.) 335 Bureau du tlgraphe sur la cte du Makran. (D'aprs une photographie.) 336 L'oasis de Djalsk, qui s'tend sur 10 kilomtres carrs, est remplie de palmiers-dattiers, et compte huit villages. (D'aprs une photographie.) 337 Femme Parsi du Baloutchistan. (D'aprs une photographie.) 337 Carte pour suivre les dlimitations de la frontire perso-baloutche. 338 Nous campmes Fahradj, sur la route de Kouak, dans une palmeraie. (D'aprs une photographie.) 339 C'est Kouak que les commissaires anglais et persans s'taient donn rendez-vous. (D'aprs une photographie.) 340 Le sanctuaire de Mahoun, notre premire tape sur la route de Kouak. (D'aprs une photographie.) 341 Cour intrieure du sanctuaire de Mahoun. (D'aprs une photographie.) 342 Le khan de Klat et sa cour. (D'aprs une photographie.) 343 Jardins du sanctuaire de Mahoun. (D'aprs une photographie.) 344 Dans la valle de Kalagan, prs de l'oasis de Djalsk. (D'aprs une photographie.) 345 Oasis de Djalsk: Des difices en briques abritent les tombes d'une race de chefs disparue. (D'aprs une photographie.) 346 Indignes de l'oasis de Pandjgour, l'est de Kouak. (D'aprs une photographie.) 347 Camp de la commission de dlimitation sur la frontire perso-baloutche. (D'aprs une photographie.) 348 Campement de la commission des frontires perso-baloutches. (D'aprs une photographie.) 349 Parsi de Yezd. (D'aprs une photographie.) 349 Une sance d'arpentage dans le Seistan. (D'aprs une photographie.) 350 Les commissaires persans de la dlimitation des frontires perso-baloutches. (D'aprs une photographie.) 351 Le delta du Helmand. 352 Sculptures sassanides de Perspolis. (D'aprs une photographie.) 352 Un gouverneur persan et son tat-major. (D'aprs une photographie.) 353 La passe de Buzi. (D'aprs une photographie.) 354 Le Gypsies du sud-est persan. 355 Sur la lagune du Helmand. (D'aprs une photographie.) 356 Couple baloutche. (D'aprs une photographie.) 357 Vue de Yezd, par o nous passmes pour rentrer Kirman. (D'aprs une photographie.) 358 La colonne de Nadir s'lve comme un phare dans le dsert. (D'aprs une photographie.) 359 Mosque de Yezd. (D'aprs une photographie.) 360 AUX RUINES D'ANGKOR Par _M. le Vicomte De MIRAMON-FARGUES_ Entre le sanctuaire et la seconde enceinte qui abrite sous ses votes un peuple de divinits de pierre.... (D'aprs une photographie.) 361 Emblme dcoratif (art khmer). (D'aprs une photographie.) 361 Porte d'entre de la cit royale d'Angkor-Tom, dans la fort. (D'aprs une photographie.) 362 Ce grand village, c'est Siem-Rap, capitale de la province. (D'aprs une photographie) 363 Une chausse de pierre s'avance au milieu des tangs. (D'aprs une photographie.) 364 Par des escaliers invraisemblablement raides, on gravit la montagne sacre. (D'aprs une photographie.) 365 Colonnades et galeries couvertes de bas-reliefs. (D'aprs une photographie.) 366 La plus grande des deux enceintes mesure 2 kilomtres de tour; c'est un long clotre. (D'aprs une photographie.) 367 Trois dmes hrissent superbement la masse formidable du temple d'Angkor-Wat. (D'aprs une photographie.) 367 Bas-relief du temple d'Angkor. (D'aprs une photographie.) 368 La fort a envahi le second tage d'un palais khmer. (D'aprs une photographie.) 369 Le gouverneur rquisitionne pour nous des charrettes boeufs. (D'aprs une photographie.) 370 La jonque du deuxime roi, qui a, l'an dernier, succd Norodom. (D'aprs une photographie.) 371 Le palais du roi, Oudong-la-Superbe. (D'aprs une photographie.) 371 Sculptures de l'art khmer. (D'aprs une photographie.) 372 EN ROUMANIE Par _M. Th. HEBBELYNCK_ La petite ville de Petrozeny n'est gure originale; elle a, de plus, un aspect malpropre. (D'aprs une photographie.) 373 Paysan des environs de Petrozeny et son fils. (D'aprs une photographie.) 373 Carte de Roumanie pour suivre l'itinraire de l'auteur. 374 Vendeuses au march de Targu-Jiul. (D'aprs une photographie.) 375 La nouvelle route de Valachie traverse les Carpathes et aboutit Targu-Jiul. (D'aprs une photographie.) 376 C'est aux environs d'Arad que pour la premire fois nous voyons des buffles domestiques. (D'aprs une photographie.) 377 Montagnard roumain endimanch. (Clich Anerlich.) 378 Derrire une haie de bois blanc s'lve l'habitation modeste. (D'aprs une photographie.) 379 Nous croisons des paysans roumains. (D'aprs une photographie.) 379 Costume national de gala, roumain. (Clich Cavallar.) 380 Dans les vicissitudes de leur triste existence, les tziganes ont conserv leur type et leurs moeurs. (Photographie Anerlich.) 381 Un rencontre prs de Padavag d'immenses troupeaux de boeufs. (D'aprs une photographie.) 382 Les femmes de Targu-Jiul ont des traits rudes et svres, sous le linge blanc. (D'aprs une photographie.) 383 En Roumanie, on ne voyage qu'en victoria. (D'aprs une photographie.) 384 Dans la valle de l'Olt, les castrinza des femmes sont dcores de paillettes multicolores. 385 Dans le village de Slanic. (D'aprs une photographie.) 385 Roumaine du dfil de la Tour-Rouge. (D'aprs une photographie.) 386 La petite ville d'Horezu est charmante et anime. (D'aprs une photographie.) 387 La perle de Curtea, c'est cette superbe glise blanche, scintillante sous ses coupoles dores. (D'aprs une photographie.) 388 Une ferme prs du monastre de Bistritza. (D'aprs une photographie.) 389 Entre de l'glise de Curtea. (D'aprs une photographie.) 390 Les religieuses du monastre d'Horezu portent le mme costume que les moines. (D'aprs une photographie.) 391 Devant l'entre de l'glise se dresse le baptistre de Curtea. (D'aprs une photographie.) 392 Au march de Campolung. (D'aprs une photographie.) 393 L'excursion du dfil de Dimboviciora est le complment oblig d'un sjour Campolung. (D'aprs une photographie.) 394 Dans le dfil de Dimboviciora. (D'aprs des photographies.) 395 Dans les jardins du monastre de Curtea. 396 Sinaa: le chteau royal, Castel Pels, sur la montagne du mme nom. (D'aprs une photographie.) 397 Un enfant des Carpathes. (D'aprs une photographie.) 397 Une fabrique de ciment groupe autour d'elle le village de Campina. (D'aprs une photographie.) 398 Vue intrieure des mines de sel de Slanic. (D'aprs une photographie.) 399 Entre Campina et Sinaa la route de voiture est des plus potiques. (D'aprs une photographie.) 400 Un coin de Campina. (D'aprs une photographie.) 401 Les villas de Sinaa. (D'aprs une photographie.) 402 Vues de Bucarest: le boulevard Coltei. -- L'glise du Spiritou Nou. -- Les constructions nouvelles du boulevard Coltei. -- L'glise mtropolitaine.--L'Universit.--Le palais Stourdza. -- Un vieux couvent. -- (D'aprs des photographies.) 403 Le monastre de Sinaa se dresse derrire les villas et les htels de la ville. (D'aprs une photographie.) 404 Une des deux cours intrieures du monastre de Sinaa. (D'aprs une photographie.) 405 Une demeure princire de Sinaa. (D'aprs une photographie.) 406 Busteni (les villas, l'glise), but d'excursion pour les habitants de Sinaa. (D'aprs une photographie.) 407 Slanic: un wagon de sel. (D'aprs une photographie.) 408 CROQUIS HOLLANDAIS Par _M. Lud. GEORGES HAMN_ _Photographies de l'auteur._ la kermesse. 409 Ces anciens, pour la plupart, ont une maigreur de bon aloi. 409 Des boerin bien prises en leurs justins marchent en roulant, un joug sur les paules. 410 Par intervalles une femme sort avec des seaux; elle lave sa demeure de haut en bas. 410 Emplettes familiales. 411 Les mnagres sont l, galement calmes, lentes, avec leurs grosses jupes. 411 Jeune mtayre de Middelburg. 412 Middelburg: le faubourg qui prend le chemin du march conduit un pont. 412 Une mre, songeuse, promenait son petit garon. 413 Une famille hollandaise au march de Middelburg. 414 Le march de Middelburg: considrations sur la grosseur des betteraves. 415 Des groupes d'anciens en culottes courtes, chapeaux marmites. 416 Un septuagnaire appuy sur son petit-fils me sourit bonassement. 417 Roux en le dcor roux, l'clusier fumait sa pipe. 417 Le village de Zoutelande. 418 Les grandes voitures en forme de nacelle, recouvertes de bches blanches. 419 Aussi comme on l'aime, ce home. 420 Les filles de l'htelier de Wemeldingen. 421 Il se campe prs de son cheval. 421 Je rencontre l'ore du village un couple minuscule. 422 La campagne hollandaise. 423 Environs de Westkapelle: deux femmes reviennent du molen. 423 Par tous les sentiers, des marmots se juchrent. 424 Le pre Kick symbolisait les gnrations des Nerlandais dfunts. 425 Wemeldingen: un moulin colossal domine les digues. 426 L'une entonna une chanson. 427 Les moutons broutent avec ardeur le long des canaux. 428 Famille hollandaise en voyage. 429 Ah! les moulins; leur nombre droute l'esprit. 429 Les chariots enfoncs dans les champs marcageux sont enlevs par de forts chevaux. 430 La digue de Westkapelle. 431 Les cluses ouvertes. 432 Les petits garons rdent par bandes, grand bruit de sabots sonores.... 433 Jeune mre Marken. 433 Volendam, sur les bords du Zuiderzee, est le rendez-vous des peintres de tous les pays. 434 Avec leurs figures rondes, panouies de contentement, les petites filles de Volendam font plaisir voir. 435 Aux jours de lessive, les linges multicolores flottent partout. 436 Les jeunes filles de Volendam sont coiffes du casque en dentelle, forme de salade renverse. 437 Deux pcheurs accroupis au soleil, Volendam. 438 Une lessive consciencieuse. 439 Il y a des couples d'enfants ravissants, d'un type expressif. 440 Les femmes de Volendam sont moins claquemures en leur logis. 441 Vtu d'un pantalon dmesur, le pcheur de Volendam a une allure personnelle. 442 Un commencement d'idylle Marken. 443 Les petites filles sont charmantes. 444 ABYDOS dans les temps anciens et dans les temps modernes Par _M. E. AMELINEAU_ Le lac sacr d'Osiris, situ au sud-est de son temple, qui a t dtruit. (D'aprs une photographie.) 445 Sti Ier prsentant des offrandes de pain, lgumes, etc. (D'aprs une photographie.) 445 Une rue d'Abydos. (D'aprs une photographie.) 446 Maison d'Abydos habite par l'auteur, pendant les trois premires annes. (D'aprs une photographie.) 447 Le prtre-roi rendant hommage Sti Ier (chambre annexe de la deuxime salle d'Osiris). (D'aprs une photographie.) 448 Thot prsentant le signe de la vie aux narines du roi Sti Ier (chambre annexe de la deuxime salle d'Osiris). (D'aprs une photographie.) 449 Le dieu Thot purifiant le roi Sti Ier (chambre annexe de la deuxime salle d'Osiris, mur sud). (D'aprs une photographie.) 450 Vue intrieure du temple de Ramss II. (D'aprs une photographie.) 451 Perspective de la seconde salle hypostyle du temple de Sti Ier. (D'aprs une photographie.) 451 Temple de Sti Ier, mur est, pris du mur nord. Salle due Ramss II. (D'aprs une photographie.) 452 Temple de Sti Ier, mur est, montrant des scnes diverses du culte. (D'aprs une photographie.) 453 Table des rois Sti Ier et Ramss II, faisant des offrandes aux rois leurs prdcesseurs. (D'aprs une photographie.) 454 Vue gnrale du temple de Sti Ier, prise de l'entre. (D'aprs une photographie.) 455 Procession des victimes amenes au sacrifice (temple de Ramss II). (D'aprs une photographie.) 456 VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHSE AUX MONTS CLESTES Par _M. JULES BROCHEREL_ Le bazar de Tackhent s'tale dans un quartier vieux et ftide. (D'aprs une photographie.) 457 Un Kozaque de Djarghess. (D'aprs une photographie.) 457 Itinraire de Tachkent Prjevalsk. 458 Les marchands de pain de Prjevalsk. (D'aprs une photographie.) 459 Un des trente-deux quartiers du bazar de Tachkent. (D'aprs une photographie.) 460 Un contrefort montagneux borde la rive droite du tchou. (D'aprs une photographie.) 461 Le bazar de Prjevalsk, principale tape des caravaniers de Viernyi et de Kachgar. (D'aprs une photographie.) 462 Couple russe de Prjevalsk. (D'aprs une photographie.) 463 Arrive d'une caravane Prjevalsk. (D'aprs une photographie.) 464 Le chef des Kirghizes et sa petite famille. (D'aprs une photographie.) 465 Notre djighite, sorte de garde et de policier. (D'aprs une photographie.) 466 Le monument de Prjevalsky, Prjevalsk. (D'aprs une photographie.) 467 Des ttes humaines, grossirement sculptes, monuments funraires des Nestoriens... (D'aprs une photographie.) 467 Enfants kozaques sur des boeufs. (D'aprs une photographie.) 468 Un de nos campements dans la montagne. (D'aprs une photographie.) 469 Monte du col de Tomghent. (D'aprs une photographie.) 469 Dans la valle de Kizil-Tao. (D'aprs une photographie.) 470 Itinraire du voyage aux Monts Clestes. 470 La carabine de Zurbriggen intriguait fort les indignes. (D'aprs une photographie.) 471 Au sud du col s'levait une blanche pyramide de glace. (D'aprs une photographie.) 472 La valle de Kizil-Tao. (D'aprs une photographie.) 473 Le col de Karaguer, valle de Tomghent. (D'aprs une photographie.) 474 Sur le col de Tomghent. (D'aprs une photographie.) 475 J'tais enchant des aptitudes alpinistes de nos coursiers. (D'aprs une photographie.) 475 Le plateau de Saridjass, peu tourment, est pourvu d'une herbe suffisante pour les chevaux. (D'aprs une photographie.) 476 Nous passons gu le Kizil-Sou. (D'aprs des photographies.) 477 Panorama du massif du Khan-Tengri. (D'aprs une photographie.) 478 Entre de la valle de Kachkateur. (D'aprs une photographie.) 479 Nous baptismes Kachkateur-Tao, la pointe de 4 250 mtres que nous avions escalade. (D'aprs une photographie.) 479 La valle de Tomghent. (D'aprs une photographie.) 480 Des Kirghizes d'Oustchiar taient venus notre rencontre. (D'aprs une photographie.) 481 Kirghize joueur de flte. (D'aprs une photographie.) 481 Le massif du Kizil-Tao. (D'aprs une photographie.) 482 Rgion des Monts Clestes. 482 Les Kirghizes mnent au village une vie peu occupe. (D'aprs une photographie.) 483 Notre petite troupe s'aventure audacieusement sur la pente glace. (D'aprs une photographie.) 484 Valle suprieure d'Inghiltchik. (D'aprs une photographie.) 485 Valle de Kaende: l'eau d'un lac s'coulait au milieu d'une prairie maille de fleurs. (D'aprs une photographie.) 486 Les femmes kirghizes d'Oustchiar se rangrent, avec leurs enfants, sur notre passage. (D'aprs une photographie.) 487 Le chirta de Kaende. (D'aprs une photographie.) 488 Nous salumes la valle de Kaende comme un coin de la terre des Alpes. (D'aprs une photographie.) 489 Femmes maries de la valle de Kaende, avec leur progniture. (D'aprs une photographie.) 490 L'lment mle de la colonie vint tout l'aprs-midi voisiner dans notre campement. (D'aprs une photographie.) 491 Un aoul kirghize. 492 Yeux brids, pommettes saillantes, nez pat, les femmes de Kaende sont de vilaines Kirghizes. (D'aprs une photographie.) 493 Enfant kirghize. (D'aprs une photographie.) 493 Kirghize dressant un aigle. (D'aprs une photographie.) 494 Itinraire du voyage aux Monts Clestes. 494 Nous rencontrmes sur la route d'Oustchiar un berger et son troupeau. (D'aprs une photographie.) 495 Je photographiai les Kirghizes de Kaende, qui s'taient, pour nous recevoir, assembls sur une minence. (D'aprs une photographie.) 496 Le glacier de Kaende. (D'aprs une photographie.) 497 L'aiguille d'Oustchiar vue de Kaende. 498 Notre cabane au pied de l'aiguille d'Oustchiar. (D'aprs des photographies.) 498 Kirghizes de Kaende. (D'aprs une photographie.) 499 Le pic de Kaende s'lve 6 000 mtres. (D'aprs une photographie.) 500 La fille du chirta (chef) de Kaende, fiance au kaltch de la valle d'Irtach. (D'aprs une photographie.) 501 Le kaltch (chef) de la valle d'Irtach, l'heureux fianc de la fille du chirta de Kaende. (D'aprs une photographie.) 502 Le glacier de Kaende. 503 Cheval kirghize au repos sur les flancs du Kaende. (D'aprs des photographies.) 503 Retour des champs. (D'aprs une photographie.) 504 Femmes kirghizes de la valle d'Irtach. (D'aprs une photographie.) 505 Un chef de district dans la valle d'Irtach. (D'aprs une photographie.) 505 Le pic du Kara-tach, vu d'Irtach, prend vaguement l'aspect d'une pyramide. (D'aprs une photographie.) 506 Les caravaniers passent leur vie dans les Monts Clestes, emmenant leur famille avec leurs marchandises. (D'aprs une photographie.) 507 La valle de Zououka, par o transitent les caravaniers de Viernyi Kachgar. (D'aprs une photographie.) 508 Le massif du Djoukoutchiak; au pied, le dangereux col du mme nom, frquent par les nomades qui se rendent Prjevalsk. (D'aprs une photographie.) 509 Le chaos des pics dans le Kara-Tao. (D'aprs une photographie.) 510 talon kirghize de la valle d'Irtach et son cavalier. (D'aprs une photographie.) 511 Vhicule kirghize employ dans la valle d'Irtach. (D'aprs une photographie.) 511 Les roches plisses des environs de Slifkina, sur la route de Prjevalsk. (D'aprs une photographie.) 512 Campement kirghize, prs de Slifkina. (D'aprs une photographie.) 513 Femme kirghize tannant une peau. (D'aprs une photographie.) 514 Les glaciers du Djoukoutchiak-Tao. (D'aprs une photographie.) 515 Tombeau kirghize. (D'aprs une photographie.) 516 L'ARCHIPEL DES FERO Par _Mlle ANNA SEE_ L'espoir des Fero se rendant l'cole. (D'aprs une photographie.) 517 Les enfants transportent la tourbe dans des hottes en bois. (D'aprs une photographie.) 517 Thorshavn apparut, construite en amphithtre au fond d'un petit golfe. 518 Les fermiers de Kirkeboe en habits de fte. (D'aprs une photographie.) 519 Les poneys feroens et leurs caisses transporter la tourbe. (D'aprs une photographie.) 520 Les dnicheurs d'oiseaux se suspendent des cordes armes d'un crampon. (D'aprs une photographie.) 521 Des lots isols, des falaises de basalte ruines par le heurt des vagues. (D'aprs des photographies.) 522 On pousse vers la plage les cadavres des dauphins, qui ont environ 6 mtres. (D'aprs une photographie.) 523 Les femmes feroennes prparent la laine.... (D'aprs une photographie.) 524 On sale les morues. (D'aprs une photographie.) 525 Feroen en costume de travail. (D'aprs une photographie.) 526 Les femmes portent une robe en flanelle tisse avec la laine qu'elles ont carde et file. (D'aprs une photographie.) 527 Dj mlancolique!... (D'aprs une photographie.) 528 PONDICHRY chef-lieu de l'Inde franaise Par _M. G. VERSCHUUR_ Groupe de Brahmanes lecteurs franais. (D'aprs une photographie.) 529 Musicien indien de Pondichry. (D'aprs une photographie.) 529 Les enfants ont une bonne petite figure et un costume peu compliqu. (D'aprs une photographie.) 530 La visite du march est toujours une distraction utile pour le voyageur. (D'aprs une photographie.) 531 Indienne en costume de fte. (D'aprs une photographie.) 532 Groupe de Brahmanes franais. (D'aprs une photographie.) 533 La pagode de Villenour, quelques kilomtres de Pondichry. (D'aprs une photographie.) 534 Intrieur de la pagode de Villenour. (D'aprs une photographie.) 535 La Fontaine aux Bayadres. (D'aprs une photographie.) 536 Plusieurs rues de Pondichry sont larges et bien bties. (D'aprs une photographie.) 537 tang de la pagode de Villenour. (D'aprs une photographie.) 538 Brahmanes franais attendant la clientle dans un bazar. (D'aprs une photographie.) 539 La statue de Dupleix Pondichry. (D'aprs une photographie.) 540 UNE PEUPLADE MALGACHE LES TANALA DE L'IKONGO Par _M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ_ Les populations souhaitent la bienvenue l'tranger. (D'aprs une photographie.) 541 Femme d'Ankarimbelo. (D'aprs une photographie.) 541 Carte du pays des Tanala. 542 Les femmes tanala sont sveltes, lances. (D'aprs une photographie.) 543 Panorama de Fort-Carnot. (D'aprs une photographie.) 544 Groupe de Tanala dans la campagne de Milakisihy. (D'aprs une photographie.) 545 Un partisan tanala tirant la cible Fort-Carnot. (D'aprs une photographie.) 546 Enfants tanala. (D'aprs une photographie.) 547 Les hommes, tous arms de la hache. (D'aprs une photographie.) 548 Les cercueils sont faits d'un tronc d'arbre creus, et recouverts d'un drap. (D'aprs une photographie.) 549 Le battage du riz. (D'aprs une photographie.) 550 Une halte de partisans dans la fort. (D'aprs une photographie.) 551 Femmes des environs de Fort-Carnot. (D'aprs une photographie.) 552 Les Tanala au repos perdent toute leur lgance naturelle. (D'aprs une photographie.) 553 Une jeune beaut tanala. (D'aprs une photographie.) 553 Le Tanala, maniant une sagaie, a le geste lgant et souple. (D'aprs une photographie.) 554 Le chant du e manenina, Iaborano. (D'aprs une photographie.) 555 La rue principale Sahasinaka. (D'aprs une photographie.) 556 La danse est excute par des hommes, quelquefois par des femmes. (D'aprs une photographie.) 557 Un danseur botomaro. (D'aprs une photographie.) 558 La danse, chez les Tanala, est expressive au plus haut degr. (D'aprs des photographies.) 559 Tapant coups redoubls sur un long bambou, les Tanala en tirent une musique trange. (D'aprs une photographie.) 560 Femmes tanala tissant un lamba. (D'aprs une photographie.) 561 Le village et le fort de Sahasinaka s'lvent sur les hauteurs qui bordent le Faraony. (D'aprs une photographie.) 562 Un dtachement d'infanterie coloniale traverse le Rienana. (D'aprs une photographie.) 563 Profil et face de femmes tanala. (D'aprs une photographie.) 564 LA RGION DU BOU HEDMA (sud tunisien) Par _M. Ch. MAUMEN_ Les murailles de Sfax, vritable dcor d'opra.... (D'aprs une photographie.) 565 Salem, le domestique arabe de l'auteur. (D'aprs une photographie.) 565 Carte de la rgion du Bou Hedma (sud tunisien). 566 Les sources chaudes de l'oued Hadedj sont sulfureuses. (D'aprs une photographie.) 567 L'oued Hadedj, d'aspect si charmant, est un bourbier qui sue la fivre. (D'aprs une photographie.) 568 Le cirque du Bou Hedma. (D'aprs une photographie.) 569 L'oued Hadedj sort d'une troite crevasse de la montagne. (D'aprs une photographie.) 570 Manoubia est une petite paysanne d'une douzaine d'annes. (D'aprs une photographie.) 571 Un puits dans le dfil de Touninn. (D'aprs une photographie.) 571 Le ksar de Sakket abrite les Ouled bou Saad Sdentaires, qui cultivent oliviers et figuiers. (D'aprs une photographie.) 572 De temps en temps la fort de gommiers se rvle par un arbre. (D'aprs une photographie.) 573 Le village de Mech; dans l'arrire-plan, le Bou Hedma. (D'aprs une photographie.) 574 Le Khrangat Touninn (dfile de Touninn), que traverse le chemin de Bir Saad Sakket. (D'aprs une photographie.) 575 Le puits de Bordj Saad. (D'aprs une photographie.) 576 DE TOLDE GRENADE Par _Mme JANE DIEULAFOY_ Aprs avoir crois des boeufs superbes.... (D'aprs une photographie.) 577 Femme castillane. (D'aprs une photographie.) 577 On chemine travers l'inextricable rseau des ruelles silencieuses. (D aprs une photographie.) 578 La rue du Commerce, Tolde. (D'aprs une photographie.) 579 Un reprsentant de la foule innombrable des mendiants de Tolde. (D'aprs une photographie.) 580 Dans des rues tortueuses s'ouvrent les entres monumentales d'anciens palais, tel que celui de la Sainte Hermandad. (Photographie Lacoste, Madrid.) 581 Porte du vieux palais de Tolde. (D'aprs une photographie.) 582 Fire et isole comme un arc de triomphe, s'lve la merveilleuse Puerta del Sol. (Photographie Lacoste, Madrid.) 583 Dtail de sculpture mudejar dans le Transito. (D'aprs une photographie.) 584 Ancienne sinagogue connue sous le nom de Santa Maria la Blanca. (Photographie Lacoste, Madrid.) 585 Madrilne. (D'aprs une photographie.) 586 La porte de Visagra, construction massive remontant l'poque de Charles Quint. (Photographie Lacoste, Madrid.) 587 Tympan mudejar. (D'aprs une photographie.) 588 Des familles d'ouvriers ont tabli leurs demeures prs de murailles solides. (D'aprs une photographie.) 589 Castillane et Svillane. (D'aprs une photographie.) 589 Isabelle de Portugal, par le Titien (Muse du Prado). (Photographie Lacoste, Madrid.) 590 Le palais de Pierre le Cruel. (D'aprs une photographie.) 591 Statue polychrome du prophte lie, dans l'glise de Santo Tom (auteur inconnu). (D'aprs une photographie.) 592 Porte du palais de Pierre le Cruel. (D'aprs une photographie.) 593 Portrait d'homme, par le Greco. (Photographie Hauser y Menet, Madrid.) 594 La cathdrale de Tolde. 595 Enterrement du comte d'Orgaz, par le Greco (glise Santo Tom). (D'aprs une photographie.) 596 Le couvent de Santo Tom conserve une tour en forme de minaret. (D'aprs une photographie.) 597 Les vques Mendoza et Ximns. (D'aprs une photographie.) 598 Salon de la prieure, au couvent de San Juan de la Penitencia. (D'aprs une photographie.) 599 Prise de Melilla (cathdrale de Tolde). (D'aprs une photographie.) 600 C'est dans cette pauvre demeure que vcut Cervants pendant son sjour Tolde. (D'aprs une photographie.) 601 Saint Franois d'Assise, par Alonzo Cano, cathdrale de Tolde. 601 Porte des Lions. (Photographie Lacoste, Madrid.) 602 Le clotre de San Juan de los Reyes apparat comme le morceau le plus prcieux et le plus fleuri de l'architecture gothique espagnole. (Photographie Lacoste, Madrid.) 603 Ornements d'glise, Madrid. (D'aprs une photographie.) 604 Porte due au ciseau de Berruguete, dans le clotre de la cathdrale de Tolde. (Photographie Lacoste, Madrid.) 605 Une torea. (D'aprs une photographie.) 606 Vue intrieure de l'glise de San Juan de Los Reyes. (Photographie Lacoste, Madrid.) 607 Une rue de Tolde. (D'aprs une photographie.) 608 Porte de l'hpital de Santa Cruz. (Photographie Lacoste, Madrid.) 609 Sur les bords du Tage. (Photographie Lacoste, Madrid.) 610 Escalier de l'hpital de Santa Cruz. (D'aprs une photographie.) 611 Dtail du plafond de la cathdrale. (D'aprs une photographie) 612 Pont Saint-Martin Tolde. (D'aprs une photographie.) 613 Guitariste castillane. (D'aprs une photographie.) 613 La Casa consistorial, htel de ville. (D'aprs une photographie.) 614 Le patio des Templiers. (D'aprs une photographie.) 615 Jeune femme de Cordoue avec la mantille en chenille lgre. (D'aprs une photographie.) 616 Un coin de la Mosque de Cordoue. (Photographie Lacoste, Madrid.) 617 Chapelle de San Fernando, de style mudejar, leve au centre de la Mosque de Cordoue. (D'aprs une photographie.) 618 La mosque qui fait la clbrit de Cordoue, avec ses dix-neuf galeries hypostyles, orientes vers la Mecque. (Photographie Lacoste, Madrid.) 619 Dtail de la chapelle de San Fernando. (D'aprs une photographie.) 620 Vue extrieure de la Mosque de Cordoue, avec l'glise catholique leve en 1523, malgr les protestations des Cordouans. (D'aprs une photographie.) 621 Statue de Gonzalve de Cordoue. (D'aprs une photographie.) 622 Statue de doa Maria Manrique, femme de Gonzalve de Cordoue. (D'aprs une photographie.) 623 Dtail d'une porte de la mosque. (D'aprs une photographie.) 624 End of Project Gutenberg's Le Tour du Monde; Croquis Hollandais, by Various License: Share Alike